Historien : Pascal Blanchard
Pascal Blanchard, né le , est un historien (docteur en histoire de l’université Panthéon-Sorbonne), documentariste, essayiste et co-directeur d'agence française de communication-muséographique. Il est spécialisé dans l'Empire colonial français, les études postcoloniales et l'histoire de l'immigration. Auteur de nombreux ouvrages, il a notamment contribué à une meilleure connaissance du phénomène des zoos humains et de l'histoire des imaginaires coloniaux.
Formation
[modifier | modifier le code]Après des études en génie civil à l'École du bâtiment et des travaux publics (EBTP) de Vincennes, il décide de suivre des études d'histoire.
Auteur d'une thèse sur le « Nationalisme et colonialisme : Idéologie coloniale, discours sur l’Afrique et les Africains de la droite nationaliste française, des années 30 à la Révolution nationale », à la suite de ses recherches au Centre de recherches africaines de la rue Mahler à Paris, Pascal Blanchard est titulaire d'un doctorat en histoire1 obtenu en 1994 à l'université Panthéon-Sorbonne.
Carrière professionnelle
Il commence sa carrière en tant que chercheur-associé au Laboratoire CERSOI (Centre d'études et de recherche sur les sociétés de l'océan Indien) (Aix-en-Provence) GDR 015 CNRS / Aix-en-Provence), 1995-2000 (dirigé par Hubert Gerbeau).
Puis il a été chercheur-associé au GDR 2322 et UMR 6578 du CNRS Anthropologie des représentations du corps, Groupe de recherche Anthropologie des représentations du corps (Marseille), Faculté de médecine de Marseille (La Timone), 2000-2008 (dirigé par Gilles Boëtsch).
Il est ensuite de 2008 à novembre 2020, chercheur associé au Laboratoire Communication et Politique du CNRS2(dirigé par Isabelle Veyrat-Masson).
Depuis 2019, Pascal Blanchard est membre du Comité d'orientation3 du Club XXIe siècle, une association loi de 1901 dont l'objectif est la promotion positive de la diversité et de l'égalité des chances4.
Depuis décembre 2020, il est chercheur-associé au Centre d'histoire internationale et d'études politiques de la mondialisation (CHRIM)5 à l'université de Lausanne (UNIL).
Fin 2020, il est chargé par Nadia Hai, ministre déléguée chargée de la Ville, de conduire un comité scientifique paritaire comprenant 18 personnes au total, des historiens dont Pascal Ory, des responsables associatifs (Aïssata Seck, directrice de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage), les écrivains Leïla Slimani et David Diop, l'actrice-écrivaine Rachel Khan et la journaliste Isabelle Giordano. Ce comité doit établir un recueil de noms de 300 à 400 fiches biographiques concernant des personnalités « qui ont contribué à notre Histoire mais n'ont pas encore trouvé leur place dans notre mémoire collective », mis à disposition des collectivités territoriales en vue de renouveler les noms de rues ou d'établissements publics. Il devait être rendu public en janvier 20216. Il a été remis le à Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales et à Nadia Hai, et publié le même jour, sous le nom de Portraits de France7,8,9.
Travaux
Le domaine d'intervention de Pascal Blanchard est le « fait colonial », les immigrations « des Suds » et les immigrations européennes en France, l'imaginaire colonial, l'histoire des présences combattantes et sportives en France et l'histoire du corps.
Pascal Blanchard est avec Eric Deroo à l'origine de la publication d'une série de huit ouvrages intitulée Un siècle d’immigration des Suds en France (XIXe – XXe siècles) publication qui s'échelonne entre 2001 et 201010.
En 1989, avant la fin de ses études d'histoire, il fonde, avec Nicolas Bancel et des chercheurs, le Groupe de recherche Achac qui se fixe l'objectif de travailler « sur les représentations et les imaginaires coloniaux et postcoloniaux ».
En 2014, avec Rachid Bouchareb, il co-réalise une série de 50 films Frères d'armes. Ils se sont battus pour la France depuis plus d'un siècle11, suivi de la série de 45 films Champions de France en 2015-2016. En 2017, il propose, en coréalisation avec Lucien Jean-Baptiste, une troisième série de 42 portraits, toujours pour France télévisions, intitulée Artistes de France.
Le documentaire Décolonisations: du sang et des larmes, réalisé avec David Korn-Brzoza en 2020 propose des images d'archives peu connues12 et des témoignages de descendants de victimes de la décolonisation13,14; il prend appui sur un ouvrage, Décolonisations françaises. La chute d'un Empire, aux éditions de la Martinière, également publié en 202015 ; il évoque« le travail forcé, les croix marquées au rasoir sur les visages, les mauvaises pommes de terre données « aux colonisés et aux cochons » »16 et montre ce que les livres scolaires ont longtemps passé sous silence17. Le documentaire, vu par deux millions et demi de téléspectateurs18, a le mérite, Selon El Watan, de porter à la connaissance du grand public des pratiques coloniales telles que « la torture, le massacre de populations civiles, l’élimination des opposants et jusqu’à l’utilisation du napalm » qui entrent en contradiction avec les valeurs humanistes19. Les représentations des colonies par le discours officiel français sont confrontées aux paroles des témoins20. Le documentaire se distingue par la qualité du travail de contextualisation historique selon Le Nouvel Observateur21, le contexte étant d'abord celui de la Seconde Guerre mondiale puis celui de la Guerre froide ; il attire l'attention sur des responsabilités toujours « non assumées »22. Parmi les intervenants, certains sont célèbres comme des membres du groupe Zebda, Manu Dibango, la journaliste Mélanie Wanga, l’ex-footballeur Lilian Thuram, et « permettent d’incarner au présent les blessures de l’histoire » selon Jeune Afrique23.
Il a participé à la réalisation de plusieurs documentaires télévisés :
- Les Zoos humains, Arte, 2002
- Paris couleurs24, France 3, 2005
- Des noirs en couleur. L’histoire des joueurs afro-antillais et néo-calédoniens en équipe de France de football25, Canal+, 2008
- Noirs de France (en trois parties), France 5, 2012
- Les Bleus, une autre histoire de France, France 2, 2016
- Sauvages, au cœur des zoos humains, Arte, 2018
- Décolonisations. Du sang et des larmes (en 2 parties), France 2, 2020
- Collaboration à plus d'une dizaine de films de fiction ou documentaires.
Pascal Blanchard a publié ou codirigé plus d'une soixantaine d'ouvrages (hors traductions) et revues sur les thèmes de la colonisation, la décolonisation et de l'immigration, notamment :
- La France noire (en collectif), Paris, La Découverte26, 2011
- La France arabo-orientale (en collectif), Paris, La Découverte, 2011-201327
- Décolonisations françaises. La chute d’un l’Empire (avec Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire), Paris, Editions de la Martinière, 2020
- La Fracture coloniale (en collectif), Paris, La Découverte, 200528
- Les Guerres de mémoire. La France et son histoire (avec Isabelle Veyrat-Mason), Paris, La Découverte, 2008
- Human Zoos: Science and Spectacle in the Age of Colonial Empires, Liverpool, Liverpool University Press, 2009
- Culture coloniale en France de la révolution française à nos jours, Paris, CNRS éditions, 2008
- Exhibitions. L'invention du sauvage, Paris-Arles, Musée du quai Branly/Actes sud, 2011
- Atlas des immigrations en France, Paris, Autrement, 2021
- Les Années 30. Et si l'histoire recommençait ?, Paris, éditions de la Martinière, 2017
- Décolonisations françaises. La chute d'un empire, Paris, Editions de la Martinière, 2020)
Pascal Blanchard a réalisé plusieurs expositions sur le thème de la colonisation et de l'immigration, dont Images d'empire (1996), L'appel à l'empire (1997) et Images et Colonies (1993). Ainsi que l'exposition Zoos humains29 à l'AfricaMuseum (Bruxelles, Belgique). En 2012, il a été le co-commissaire d'exposition avec Nanette Snoep et Lilian Thuram30 de Exhibitions. L'invention du sauvagen 1 au Musée du quai Branly31, prix de la meilleure exposition 2012 aux Globes de cristal Art et Culture32.
En 2016, il a réalisé l'exposition Champions de France suivie, en 2017, de l'exposition Artistes & Diversités en France. En 2021, il conçoit et anime l'exposition Histoire, Sport & Citoyenneté sur le thème des Jeux olympiques « Des Jeux olympiques d'Athènes 1896 aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 » pour la CASDEN Banque populaire. Il a été aussi en 2021 co-commissaire de l'exposition au musée de l'Homme Portraits de France33.
Prises de position
Il s'est attaché à la notion d'« idéologie coloniale » et à celle des héritages post-coloniaux, autour de la notion de « mémoire coloniale » afin de mesurer l'impact de ces questions dans les enjeux de citoyenneté contemporains dont l'ouvrage collectif La Fracture coloniale. La société française au prisme des héritages coloniaux (2005), qui regroupe les contributions de 23 historiens, sociologues, politologues et ethnologues, propose une première synthèse. En 2015, Sonya Faure, journaliste au journal Libération, reviendra sur cet ouvrage et mentionnera que le livre « avait agité le monde universitaire et le débat public. Dix ans après, le sillon du postcolonialisme est mieux connu, il nourrit des recherches, structure la pensée d'une partie du monde militant. Mais les espoirs des auteurs, qui pensaient encore que l'histoire des immigrations entrerait peu à peu “dans le récit de la nation”, ont été douchés. “De la fracture coloniale, écrivent-ils aujourd'hui, nous sommes passés à la fracture identitaire”34. »
En 2010, Pascal Blanchard publie avec Lilian Thuram, Rokhaya Diallo, Marc Cheb Sun et François Durpaire un Appel pour une République multiculturelle et post-raciale35.
- Images et colonies. Iconographie et propagande coloniale sur l'Afrique française de 1880 à 1962 (avec Nicolas Bancel et Laurent Gervereau), Nanterre : BDIC et Paris : Achac, 1993. Catalogue de l'exposition du Musée d'Histoire contemporaine.
- Images et Colonies (avec Armelle Chatelier), Paris : Syros-ACHAC, 1994. Actes du colloque de l'ACHAC du 20 au 22 janvier 1993 à la Bibliothèque nationale de France. Numéro spécial de Plein Sud.
- L'Autre et nous (avec Stéphane Blanchoin, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch et Hubert Gerbeau), Paris : Syros, 199548.
- Images d'Empire. Trente ans de photographies officielles sur l'Afrique française (1930-1960) (avec Nicolas Bancel et Francis Delabarre), Paris : La Documentation française/La Martinière, 1997.
- L'Afrique, un continent des nations (avec Sandrine Lemaire), Toulouse : Milan, coll. « Les Essentiels Milan », 1997.
- De l'indigène à l'immigré (avec Nicolas Bancel), Paris : Éditions Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Histoire » (no 345), 199849.
- Passerelles no 16 : Afriques, mai 1998.
- Le Paris noir (avec Éric Deroo et Gilles Manceron), Paris : Hazan, 2001.
- Zoos humains. De la Vénus hottentote aux reality shows (avec Nicolas Bancel et Gilles Boëtsch), Paris : La Découverte, 200250,51.
- Cultures colonies (avec Sandrine Lemaire), Paris : Autrement, coll. « Mémoires » :
- Culture coloniale. La France conquise par son empire, 1871-1931, 2002.
- Culture impériale. Les colonies au cœur de la République, 1931-1961, 2004.
- Culture post-coloniale. Traces et mémoires coloniales en France, 1961-2006, 200652.
- Éditions intégrale Culture coloniale en France, Paris : CNRS Éditions, 2008.
- Le Paris arabe. Deux siècles de présence des Orientaux et des Maghrébins 1830-2003 (avec Éric Deroo, Driss El Yazaar, Pierre Fournié et Gilles Manceron), Paris : La Découverte, 2003.
- Le Paris Asie. 150 ans de présence asiatique dans la capitale (avec Éric Deroo), Paris : La Découverte, 2004.
- La Fracture coloniale. La Société française au prisme de l'héritage colonial (avec Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire), Paris : La Découverte, 200553.
- Marseille porte sud: Un siècle d'histoire coloniale et d'immigration (avec Gilles Boëtsch), Paris : La Découverte et Marseille : Jeanne Laffitte, 2005.
- Sud-Ouest, Porte des outre-mers, Paris : Milan, 2006.
- La République coloniale (avec Nicolas Bancel et Françoise Vergès), éditions Fayard, 2006, 192 pages54.
- La Colonisation française (avec Nicolas Bancel et Françoise Vergès), Toulouse : Milan, coll. « Les Essentiels Milan », 2007.
- Lyon, Capitale des outre-mers (avec Nicolas Bancel et Léla Bencharif), Paris : La Découverte, 2007.
- La France face à son histoire (La Découverte, 2008, sous la direction d’Isabelle Veyrat-Masson et Pascal Blanchard)55
- Les Guerres de mémoire. La France et son histoire (avec Isabelle Veyrat-Masson), Paris : La Découverte, 2008.
- Human zoos, Liverpool, Liverpool university press, 2008.
- Frontière d’empire, du Nord à l’Est (avec Ahmed Boubeker, Nicolas Bancel et Éric Deroo), Paris : La Découverte, 2008.
- Coloris Corpus (avec Jean-Pierre Albert, Bernard Andrieu, Gilles Boëtsch et Dominique Chevé), Paris : CNRS Éditions, 2008.
- Grand-Ouest : mémoire des Outre-Mers (avec Farid Abdelouahab), Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2008.
- Culture coloniale en France de la révolution française à nos jours (avec Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel), Paris CNRS Éditions 2008.
- Corps et couleurs (avec Gilles Boëtsch et Dominique Chevé), Paris : CNRS Éditions, 2008.
- Hermès no 52 : Les Guerres de mémoire dans le monde (avec Marc Ferro et Isabelle Veyrat-Masson), Paris : CNRS Éditions, octobre 2008.
- Ruptures postcoloniales. Les Nouveaux Visages de la société française (avec Nicolas Bancel, Florence Bernault, Ahmed Boubeker, Achille Mbembe et Françoise Vergès), Paris : La Découverte, 2010.
- La France noire, Paris : La Découverte, 2011.
- Exhibitions. L'invention du sauvage (avec Gilles Boëtsch et Nanette Jacomijn Snoep), Arles : Actes Sud et Paris : Musée du quai Branly, 2011. Catalogue d'exposition.
- Shokuminchi Kyowakoku Furansu (avec Nicolas Bancel et Françoise Vergès), Tokyo, Éditions Iwanami Shoten, 2011.
- Zoos humains (avec Sandrine Lemaire, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch, Éric Deroo), Paris, La Découverte, 2004.
- Exhibition. The invention of the savage (avec Gilles Boëtsch and Nanette Jacomijn Snoep), Arles : Actes Sud et Paris : musée du quai Branly - Jacques Chirac, 2011. Catalogue d'exposition.
- MenschenZoos. Schaufenster der Unmenschlichkeit… Völkerschauen in Deutschland, (avec Nicolas Bancel, Eric Deroo, Gilles Boetsch, Sandrine Lemaire), Paris, Les éditions du crireur public, 2012.
- La France arabo-orientale, (avec Naïma Yahi, Yvan Gastaut, Nicolas Bancel), Paris, La Découverte, 2013.
- Les années 30 sont de retour : Petite leçon d'histoire pour comprendre les crises du présent (avec Renaud Dély, Claude Askolovitch et Yvan Gastaut), Paris, Flammarion, 2014.
- Le Grand Repli, (avec Nicolas Bancel, Ahmed Boubecker), Paris, La Découverte, 2015.
- Vers la Guerre des identités ? (avec Nicolas Bancel et Dominic Thomas), Paris, La Découverte, 201656,57.
- Atlas des immigrations en France. Histoire, mémoire, héritage (avec Hadrien Dubucs et Yvan Gastaut), Paris, Autrement, 2016.
- L'Invention de l'Orient, Paris, La Martinière, 2016.
- Les Années 30. Et si l'histoire recommençait ? (avec Farid Abdelouahab), La Martinière, 2017.
- Les Années 50. Et si la guerre froide recommençait ? (avec Farid Abdelouahab et Pierre Haski), La Martinière, 2018.
- Sexe, race & colonies. La domination des corps du XVe siècle à nos jours (avec Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch, Christelle Taraud, Dominic Thomas), La Découverte, 201858,59.
- Décolonisations françaises - La chute d'un empire (avec Nicolas Bancel, Sandrine Lemaire, Benjamin Stora (préface) et Achille Mbembe (postface)), La Martinière, 2020.
- Le racisme en images. Déconstruire ensemble (co-dirigé avec Gilles Boëtsch), La Martinière, 2021 (avec des contributions de Leïla Slimani, Alain Mabanckou, Pascal Ory, Didier Daeninckx, Rachida Brakni, Rachid Benzine, Johann Chapoutot, Achille Mbembe, Chantal Meyer-Plantureux, Pap Ndiaye, Benjamin Stora, Michel Wieviorka, Abd Al Malik…)
- Colonisation & propagande. Le pouvoir de l’image (avec Nicolas Bancel, Sandrine Lemaire, Dominic Thomas, Alain Mabanckou), Le Cherche midi, 2022 60.
- Histoire globale de la France coloniale (dirigé avec Nicolas Bancel, Sandrine Lemaire, Dominic Thomas), Philippe Rey Editions, 2022. (avec une centaine de contributeurs)
- Notre France noire : de A à Z, en collaboration avec Alain Mabanckou et Abdourahman Waberi, Fayard, 2023.
- Une histoire mondiale de l'olympisme. 1896-2024, avec Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Daphné Bolz, Yvan Gastaut, Sandrine Lemaire, Atlande/Atlantique, 2023.
- Olympisme, une histoire du monde, (en collaboration avec Sandrine Lemaire, Nicolas Bancel, Elisabeth Jolys-Shimells, Sébastien Gökalp, Stéphane Mourlane, Yvan Gastaut, Claude Boli, Daphné Bolz, Pascal Charitas, Sylvère-Henry Cissé, Philippe Tétart, Dominic Thomas), Editions de La Martinière, 2024.
- France, terre d'immigration: Treize siècles de présence du Maghreb, de l'Égypte et de l'Orient (avec Nicolas Bancel, Yvan Gastaut, Naïma Yahi, Leïla Slimani (préface), Benjamin Stora (postface)), Philippe Rey Editions, 2025.
Extraits de la source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Blanchard_(historien)
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L'empire colonial français se développe au XIXe siècle et devient le deuxième empire le plus vaste du monde, après celui du Royaume-Uni. Les contestations se multiplient dès l'entre-deux-guerres. Mais les bouleversements liés à la Seconde Guerre Mondiale accentuent la remise en question de la domination française. Commence dès lors un long processus de décolonisation, qui est aussi le plus long conflit de la France au XXe siècle, depuis les premiers soulèvements en 1943 jusqu'aux dernières indépendances au milieu des années 1970.
Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire évoquent toutes les facettes et les contradictions de ce processus, tantôt marqué par des épisodes d'une violence inouïe, tantôt accompagné de réformes et d'accords bilatéraux maintenant, des décennies plus tard, une forte dépendance des pays décolonisés vis-à-vis de la France. À travers près de 250 photographies, documents de presse ou affiches, ils décryptent l'un des plus grands basculements de l'histoire récente, et posent un regard renouvelé sur les deux faces du miroir colonial.
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Les « zoos humains », symboles oubliés de l’histoire contemporaine, ont été totalement refoulés de notre mémoire collective. Ces exhibitions des « sauvages », aussi bien des « exotiques » que des « monstres », ont pourtant été, en Europe, aux États-Unis et au Japon, une étape majeure du passage progressif d’un racisme scientifique à un racisme populaire. Au carrefour du discours savant, des cultures de masse et de l’intérêt des puissances coloniales, ces exhibitions ont touché plus d’un milliard quatre cent millions de visiteurs depuis l’exhibition en Europe de la Vénus hottentote, au début du XIXe siècle.