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16 Jun

Article de La Petite République sur la conférence de William Van Andringa au Lycée de Luchon

Publié par Dominique Rech  - Catégories :  #Archéologie, #Rome antique, #Histoire des Pyrénées

Bagnères de Luchon : un maître en archéologie en conférence au lycée Edmond Rostand
Le 16 juin 2022 par Georges Dufor

 

  William Van Andringa pendant sa conférence au lycée de Luchon.
William Van Andringa, directeur d’études Histoire et Archéologie de la Gaule romaine à l’École Pratique des Hautes Études de Paris, a donné une conférence aux élèves de première du professeur d’histoire Dominique Rech et de quatrième du professeur de lettres Thierry Magne, au lycée Edmond Rostand de Luchon.

 Élèves de première et de quatrième présents pour écouter William Van Andringa, un maitre de l’archéologie en France et à l’étranger.


William Van Andringa effectue des campagnes de fouilles, qui sont autant de terrains d’études, depuis 2003 à Pompéi (notamment sur une nécropole)  et depuis 2016 à Saint Bertrand de Comminges et ses alentours (sur une surface de 30 km2 et une ville romaine enfouie, «retournée aux champs» selon l’expression de Van Andringa).
Van Andringa tient à extirper l’archéologie de la vision mythique donnée par le cinéma, avec les Aventuriers de l’arche perdue et Indiana Jones en particulier, pour la ramener à sa vocation scientifique, avec une vision rénovée de sa finalité.


L’archéologie, ce n’est pas du cinéma, mais une matière scientifique
Quand Van Andringa dit «nous», il englobe les équipes pluridisciplinaires qui l’accompagnent sur les sites de fouilles, les spécialistes dans des domaines aussi divers que la topographie, la carpologie, la céramologie, l’archéozoologie, et bien d’autres…
«Souvent on résume l’archéologie, dit-il, à l’étude des monuments, le forum de Rome, l’Acropole d’Athènes, ou les pyramides égyptiennes… Mais nous travaillons en fait sur les humains qui ont construit les monuments, qui les ont occupés, qui les ont détruits, ou qui en ont récupéré les matériaux lorsque les bâtiments n’ont plus eu d’usage, ni de fonction. Il faut recentrer l’archéologie sur les pratiques humaines».
«Nous travaillons sur la façon dont l’humain organise ces pratiques urbaines, économiques, artisanales, funéraires, comment un groupe de population organise ses traditions».


Une science des pratiques et des comportements humains
«Face à un environnement qui change, nous voyons que les pratiques évoluent. Les événements impactent les pratiques sans que les personnes en soient forcément conscientes». Ainsi à Pompéi, l’éruption volcanique de l’an 79 avait été précédée de secousses sismiques sources d’événements perturbateurs : maisons détruites, arrivée d’eau interrompue… Cela avait généré une désorganisation de la communauté et impacté les pratiques quotidiennes urbaines.

La science d’une humanité intemporelle qui ne cesse de s’adapter
Van Andringa déduit des découvertes, des observations, des études, les siennes et celles de ses équipes, une grande capacité d’adaptation de toute l’humanité, celle d’hier, comme celle d’aujourd’hui : «autant nous avons beaucoup de difficultés à changer, autant nous n’avons pas de difficulté à nous adapter». Ainsi, face aux menaces du réchauffement de la planète, «je pense, dit Van Andringa,  que l’homme va s’adapter progressivement au changement climatique».
En conclusion : «l’archéologie permet de travailler sur le comportement humain, sur l’agir humain, sur la façon de s’adapter aux évènements politiques, sociaux, économiques». Une capacité commune aux êtres humains de toutes les époques.
Arrivé à ce point de sa conférence, Van Andringa observe: «on est  loin des clichés véhiculés sur les civilisations disparues…», renvoyant pour toujours les Aventuriers de l’arche perdue et Indiana Jones aux salles obscures des cinémas.
                                                                 ******
Pour en savoir plus, se reporter au livre Archéologie du geste, Rites et pratiques à Pompéi, de William Van Andringa: «richement illustré, très pédagogique, ce livre est l’acte fondateur d’une nouvelle dimension de l’archéologie qui rend à l’homme la place qui lui revient. Éblouissant» (L’Histoire, mars 2022)
https://www.editions-hermann.fr/livre/archeologie-du-geste-william-van-andringa
 

 Les élèves Maeva Castex, Félix Barthe, Mahé Ragné, avec Dominique Rech, William Van Andringa et Thierry Magne (de g. à dr.).

Source : https://www.petiterepublique.com/2022/06/16/bagneres-de-luchon-un-maitre-en-archeologie-en-conference-au-lycee-edmond-rostand/

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Dominique RECH