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20 Jul

Historien : Gilles Sauron

Publié par Dominique Rech  - Catégories :  #Historien, #Rome antique, #Histoire antique, #Bibliothèque historique

Professeur des universités

Spécialités de recherche : 
Art et archéologie du monde romain

Expertises :
- Membre du comité de rédaction de la Revue archéologique, de la Revue archéologique de l’Est, de la Revue des Etudes anciennes
- Membre du conseil scientifique de l’INRAP (2004-2010)
- Directeur des collections antiques des éditions Picard (2010-2018)
- Membre de la Section d'histoire des civilisations antiques du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques

Carrière / CV
Auteur de nombreuses études sur l’art romain, il fonde ses analyses sur une confrontation entre les sources textuelles, la tradition iconographique et les ensembles monumentaux légués par l’Antiquité, et s’intéresse particulièrement à la sémantique architecturale, au symbolisme ornemental et aux rapports de formes et de significations entre les décors publics et les décors privés des Romains.

 

 

Livres
1. Quis deum ? L’expression plastique des idéologies politiques et religieuses à Rome
à la fin de la République et au début du Principat, dans BEFAR, 285, Rome,
Palais Farnèse, 1994, IV-736 p., 14 fig., LXXII pl. photo. h.t.
Réédition dans la coll. des Classiques de l'École française de Rome, avec une
préface de l’auteur, 840 p., Rome : École française de Rome, 2022.

2. La grande fresque de la villa des Mystères à Pompéi. Mémoires d’une dévote de
Dionysos, Paris, Picard, coll. « Antiqua », 1998, 168 p., 69 ill.

3. L’histoire végétalisée. Ornement et politique à Rome, Paris, Picard, coll.
« Antiqua », 2000, 250 p., 121 ill.

4. La peinture allégorique à Pompéi. Le regard de Cicéron, Paris, Picard, coll.
« Antiqua », 2007, 224 p., 133 ill.

5. Dans l’intimité des maîtres du monde. Les décors privés des Romains, Paris,
Picard, coll. « Antiqua », 2009, 304 p., 230 ill.

6. L’art romain, 2, Des conquêtes aux guerres civiles, Paris, Picard, 2013, 312 p., 276
ill. coul.

7. Augusto e Virgilio. La rivoluzione artistica dell’Occidente e l’ara Pacis, Milan,
Jaca Book, 2013, 121 p., 23 ill.

Extraits de la source :  https://lettres.sorbonne-universite.fr/personnes/gilles-sauron

 

Auguste est le véritable inventeur du soft power, l’art, non de vaincre, mais de convaincre, ce qu’Ovide, un poète de ce temps à qui le pouvoir augustéen n’était pas sympathique, appelait l’art « de conserver sans violence physique à Jupiter son sceptre redoutable ». Telle est la trame originale du présent ouvrage.
Projeté à l’avant-scène de la politique romaine à l’âge de 19 ans par l’assassinat de son père adoptif César, Auguste a réussi à fonder un nouveau régime et à rester à la tête de l’Empire romain pendant un interminable règne de 41 ans. Il multiplia les moyens pour dominer les esprits. S’appuyant sur une exceptionnelle génération de poètes, comme Horace et Virgile, Auguste réussit à inscrire sa politique dans une vision mystifiée de l’histoire.
Prétendant qu’Apollon était intervenu pour lui donner la victoire à Actium contre Marc Antoine et Cléopâtre, Auguste s’est présenté comme l’intercesseur de ce dieu sur terre pour accompagner le retour de l’âge d’or. Auguste renouvela l’art ornemental à l’image d’un monde ordonné et fécond. Il multiplia les constructions de théâtres, dont il transforma à la fois l’architecture et la dramaturgie, pour donner en spectacle la révolution cosmique. Il diffusa à des millions d’exemplaires les signes de son pouvoir, sur les monnaies, mais aussi sur les monuments publics et même sur les humbles objets de la vie quotidienne.
L’étude renouvelée de ses réalisations les plus spectaculaires à Rome montre qu’il s’adressait à plusieurs publics, de l’aristocratie romaine ellemême avec des messages codés jusqu’aux diverses populations de l’Empire, et même aux adversaires extérieurs à ses frontières. Auguste a entrepris de transformer le décor privé des Romains, en utilisant les compétences des peintres alexandrins que Cléopâtre avait mis au service de sa famille.

Source : https://www.lesbelleslettres.com/livre/9782251457055/auguste

Gilles Sauron, historien de l'art, professeur d'archéologie romaine à l'université Paris IV Sorbonne. Les styles architecturaux de l’antiquité grecque ont connu une véritable révolution à l’époque augustéenne. Celle-ci s’est traduite par une redéfinition de l’ordre corinthien, appelé à devenir le décor privilégié des monuments publics dans l’ensemble de l’Empire romain, particulièrement celui des sanctuaires. Ce que l’historien Pierre Gros a appelé le « corinthien romain » correspond à une normalisation des composantes de l’ordre architectural. Ce nouveau canon devait illustrer la doctrine officielle du nouveau régime, centrée sur la représentation d’un nouvel âge d’or, celui du retour de la paix, de l’abondance et de la piété, celui aussi que Virgile (environ 70 à 19 avt J.-C.) célébra dans sa IVe églogue. Cette doctrine qui devait « changer le visage de la terre », fut renouvelée par le retour du « règne de Saturne », cette fois sous l’égide d’Apollon. Mais ne faut-il pas d’abord reconnaître dans cette révolution ornementale une réaction à l’« esthétique du chaos » qui avait accompagné les convulsions des guerres civiles ? À partir des années 80 avant J.-C., des compositions ornementales représentant la nature livrée au mélange des règnes et des espèces et exemptée des lois la pesanteur, sont en effet diffusées à Rome et en Italie centroméridionale (Latium et Campanie, surtout). Nous connaissons bien cette esthétique de la monstruosité, non seulement par les nombreux témoignages archéologiques qui en sont conservés, mais aussi par les réquisitoires enflammés que ses adversaires, comme Lucrèce (99 av. - 55 apr. J.C) et Vitruve (1er siècle avant J.C), ont tenté de lui opposer. Ainsi, la diffusion du corinthien romain doit s’interpréter, au-delà des espérances de ses initiateurs augustéens, comme une conception très élaborée de l’art ornemental qui prétendait, grâce à la mise en scène du chaos originel, délivrer le même message : celui de la renaissance du monde.

Source : https://www.youtube.com/watch?v=5DSjgPQ3yi4

C'est grâce à l'intervention d'Apollon qu'Auguste obtient la victoire contre Marc Antoine et Cléopâtre à la bataille d'Actium en 31 av. J.-C. La bataille devient le mythe fondateur de son règne : « Le pouvoir augustéen a procédé à une remise en perspective de toute l'histoire de Rome et même de l'histoire du monde » (Gilles Sauron). Entouré et glorifié par les plus grands poètes de l'histoire romaine, comme Horace et Virgile, l'empereur Auguste inscrit son règne dans une histoire mythifiée. Bien que l'on doive l'expression du soft power au politologue américain Joseph Nye à la fin du XXe siècle, c'est pourtant sous Auguste que la méthode est inventée et appliquée, comme le démontre Gilles Sauron. Les vestiges romains témoignent tous de l'épanouissement artistique du règne augustéen : multiplication et transformation des théâtres, innovations architecturales, effervescence artistique. Quels sont alors les différents supports de la propagande augustéenne ? Décrit par les poètes comme un retour de l'âge d'or, le règne augustéen a-t-il véritablement été prospère ? L'invité : Gilles Sauron est spécialiste de l'art et des représentations religieuses et idéologiques romaines. Ancien titulaire de la chaire d'archéologie de la Sorbonne, il a commencé sa carrière à l'ENS, puis à l'École française de Rome. Il a publié "Auguste. L'emprise des signes (2025, 506 p.) aux Belles Lettres.

Source : https://www.youtube.com/watch?v=88Zqi5rK5vQ

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