Historien : Ivan Jablonka
Ivan Jablonka, né le 23 octobre 1973 à Paris, est un historien et écrivain français.
Il est professeur d'histoire contemporaine à l'université Sorbonne-Paris-Nord et membre de l'Institut universitaire de France.
Biographie
Né à Paris d’un père ingénieur physicien et d’une mère professeur de lettres, petit-fils de Juifs polonais communistes morts à Auschwitz, Ivan Jablonka fait ses études secondaires au lycée Buffon. Après des études en khâgne au lycée Henri-IV, il intègre l'École normale supérieure (promotion B/L 1994) et est reçu à l’agrégation d’histoire.
Élève d’Alain Corbin et de Jean-Noël Luc à la Sorbonne, il soutient en 2004 sa thèse de doctorat sur les enfants de l’Assistance publique sous la Troisième République. L’année suivante, il est nommé maître de conférences en histoire contemporaine à l’université du Maine, puis, en 2013 professeur à l'université Sorbonne Paris Nord.
Édition
Depuis 2009, il codirige avec Pierre Rosanvallon la collection La République des idées (éditions du Seuil)[4], où il a édité des ouvrages de sociologues et d'économistes comme Éric Maurin, Camille Peugny, Robert Castel, François Dubet, Esther Duflo, Gabriel Zucman, Laurent Davezies ou Thomas Piketty.
Il est un des fondateurs et rédacteurs en chef de La Vie des idées, revue en ligne créée en 2007.
Histoire des enfants et des jeunes
Il a publié en 2004 une biographie de Jean Genet, où il étudie le parcours social, politique et littéraire de l'écrivain, depuis l'Assistance publique jusqu'à son compagnonnage pro-palestinien. Jablonka estime qu'une lecture « plus approfondie » de l'œuvre de Genet prouve « une adhésion aux valeurs nazies ».
Ni père ni mère (2006) est une histoire des enfants abandonnés. Il montre que ces enfants grandissent dans les humiliations et la violence, mais que certains s’intègrent et font souche dans la région où ils ont été placés. Ce travail s'appuie notamment sur 400 dossiers de pupilles de la Seine, de la Somme et du Loir-et-Cher.
Dans son ouvrage Enfants en exil : transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982) publié en 2007, il présente le déplacement de 1 630 enfants vers la métropole. Plus de soixante départements, principalement dans le Massif central et le Sud-Ouest français, ont reçu ces pupilles de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Réunion. L'objectif de cette migration forcée, orchestrée par Michel Debré, était de lutter contre la surpopulation sur l'île et de repeupler les déserts ruraux de la France métropolitaine. Pour l'auteur, ce transfert d'enfants n'est pas un dérapage, mais « une institution républicaine, séquelle du colonialisme dans la France de la Ve République »[8].
Biographie familiale
Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus: une enquête raconte la vie et la mort de Matès et Idesa Jablonka, les grands-parents paternels de l’auteur, depuis la Pologne jusqu’à Auschwitz en passant par l’engagement dans le Parti communiste polonais, l’exil en France et le régime de Vichy. Ce récit-essai, basé sur une vingtaine de fonds d’archives et de nombreux témoignages, tente de faire revivre les disparus entre histoire, mémoire et travail de deuil.
L'écrivain le désigne comme « biographie familiale » mais relève explicitement de ce que le théoricien de la littérature Dominique Viart appelle des « récits de filiation », à l'image de ceux qui se sont développés en littérature depuis le début des années 1980 (chez des écrivains tels que Michon, Ernaux, Rouaud, Philippe Sands). Comme dans ces récits, l'auteur ne livre pas seulement le trajet reconstitué de ses grands-parents mais produit en effet aussi la narration de sa propre recherche, les éléments de son enquête, ses impasses et ses découvertes. Publié aux éditions du Seuil dans la collection de Maurice Olender « La librairie du XXIe siècle », il a été salué par Jean-Louis Jeannelle comme un « très grand livre ».
Les quatre grands-parents de Jablonka étaient juifs, mais ses grands-parents paternels sont déportés et assassinés, contrairement à ses grands-parents maternels qui ont survécu à Paris pendant toute la guerre. Selon Jablonka, cette différence de destin est due en partie à l'immigration récente et au statut social de ses grands-parents paternels. « Ils n’étaient pas très insérés, et allaient de taudis en taudis. Cette précarité dans ces années-là, entre 1939 et 1945, pouvait être une question de vie ou de mort». Le grand-père paternel d'Ivan Jablonka, Mates Jablonka, est né le 10 février 1909 à Parczew, Pologne. Sa grand-mère, Idesa Jablonka (née Feder), est née le 14 mai 1914 à Parczew, Pologne. Ils sont déportés par le Convoi No. 49, en date du 2 mars 1943, du Camp de Drancy vers Auschwitz[12]. Le père de Jablonka, né en 1940, se retrouve « orphelin de la Shoah ». Recueilli par des membres de sa famille, il est exfiltré chez des paysans grâce à un réseau clandestin juif.
En camping-car, récit de ses souvenirs de vacances familiales dans les années 1980, se présente comme une « autobiographie avec des "nous" ». Jablonka considère que, puisque « l’historien fait partie de l’histoire », son travail doit être une réflexion sur sa propre historicité.
Méthode
Sciences sociales et littérature
Dans L'histoire est une littérature contemporaine (2014), à la fois fondement théorique de Histoire des grands-parents et Manifeste pour les sciences sociales, il montre qu'on peut concilier sciences sociales et création littéraire. D'un côté, le chercheur peut assumer la littérarité de son texte en choisissant d'« écrire pleinement ». De l'autre, l'écrivain peut comprendre une réalité passée ou présente (p. ex. un crime), comme font Truman Capote, Annie Ernaux, Emmanuel Carrère et les écrivains-survivants du XXe siècle (Primo Levi, Varlam Chalamov). Ce livre prolonge la réflexion de Michel de Certeau ou Paul Veyne sur l'écriture de l'histoire, mais pour Jablonka toute histoire n'est pas un « roman vrai » et toute littérature n'est pas roman. Les sciences sociales sont plutôt du côté des « écrits du réel » (témoignage, grand reportage, autobiographie...), sous la forme du « texte-recherche ». Des outils comme la « fiction de méthode » et le « je de méthode » permettent de concilier rigueur, réflexivité et écriture au sein d'une enquête.
Analysant Un garçon comme vous et moi, Annie Jouan-Westlund, professeur à Cleveland State University estime que le livre est « une auto-critique de genre, à l’intersection entre l’histoire et la littérature, les sciences sociales et le récit de soi », afin de remettre en cause la masculinité traditionnelle et ses représentations.
Formes de la recherche
Il publie Laëtitia ou la fin des hommes en 2016 consacré à un fait divers par lequel il obtient le prix Médicis, le prix littéraire du Monde et le prix des prix littéraires, mais ce livre lui vaut également des critiques. Lorsque le livre est adapté en 2020 pour France 2 par le réalisateur Jean-Xavier de Lestrade, Jablonka juge le résultat « pudique et magnifique ».
Prolongeant cette réflexion sur les nouvelles écritures du savoir, Jablonka a publié une enquête sociologique sur les métiers de l'esthétique, le Corps des autres (2015), dans la collection de Pierre Rosanvallon, « Raconter la vie ».
Histoire des femmes
Travaux
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Il a aussi étudié des figures de femmes peu connues ou anonymes : par exemple, la jeune Thérèse, une Réunionnaise devenue folle à la suite de son transfert forcé en métropole dans les années 1970[23],[24] ; ou encore Laëtitia Perrais, tuée à l’âge de 18 ans dans un fait divers en 2011.
Réception
À l'occasion de la sortie de Laëtitia en 2016, consacrée à un féminicide de 2011 dont fut victime une jeune femme de 18 ans, la question est posée de la forme hybride de cet ouvrage, entre l'essai de sciences sociales et le reportage journalistique, et s'inscrit dans les débats sur le rôle de l'intellectuel public.
Le philosophe Roger-Pol Droit écrit-il dans le Monde : « La part la plus neuve du texte, la plus philosophique et la plus intéressante aussi, est consacrée à l’éthique du masculin. ». Dans L'Humanité, la philosophe Cynthia Fleury consacre une chronique à la notion de « contre-masculinité » développée par Jablonka.
Après que, dans la matinale de France Inter, Nicolas Demorand et Léa Salamé ont reproché à Jablonka de critiquer la galanterie, l'historien est défendu par Matilde Meslin, journaliste à Télérama : « Avec sérieux, Ivan Jablonka parle de charge mentale, de plafond de verre et de sexisme dans le monde du travail. "Les privilèges du patriarcat sont partout", lâche-t-il. ».
À l'autre bout de l'échiquier politique, l'essai a suscité certaines interrogations chez des intellectuelles féministes. Dans L’Obs, la députée Clémentine Autain regrette que « Jablonka ne formule pas de réponses passionnantes », mais elle conclut qu'elle souhaite « remercier Ivan Jablonka de son livre, qui est bel et bien un pavé dans la mare ». Plus sévère est Camille Froidevaux-Metterie, qui se dit « stupéfaite devant la superficialité de l’analyse et le mépris dans lequel sont tenues les autrices qui, depuis des décennies, ont pensé la domination patriarcale. » Marie-Jeanne Zenetti considère que le livre « hésite constamment entre essai de sciences sociales, [...] et ambition éthique à visée universalisante. » Cette perspective éthique, selon elle, « n’évite pas toujours l’idéalisation du sujet moral, au risque de l’abstraire du contexte historique, social et culturel qui détermine ses conditions d’existence ». Elle déplore qu'à côté des meilleures pages de son livre, on retrouve des « assertions péremptoires » et des « prescriptions morales », qui « reconduisant sur le mode symbolique une autorité qu’on peut juger typiquement « masculine » ».
Publications
- Les vérités inavouables de Jean Genet, Éditions du Seuil, 2004.
- Âme sœur, sous le pseudonyme d'Yvan Améry, La Volte, 2005.
- Ni père ni mère : histoire des enfants de l’Assistance publique (1874-1939), Éditions du Seuil, 2006.
- Enfants en exil : transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982), Éditions du Seuil, 2007.
Jeunesse oblige : histoire des jeunes en France (XIXe – XXIe siècle), PUF, 2009.
- Les enfants de la République: l'intégration des jeunes de 1789 à nos jours, Éditions du Seuil, 2010.
- Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus, Éditions du Seuil, La librairie du XXIe siècle, Paris, 2012.
- Nouvelles perspectives sur la Shoah (avec Annette Wieviorka), PUF, 2013.
- L'Enfant-Shoah, PUF: Paris, 2014
- Le monde au XXIIe siècle. Utopies pour après-demain, PUF: Paris, 2014 (avec Alexis Jenni et Nicolas Delalande)
- L'Histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales, Éditions du Seuil, La librairie du XXIe siècle, Paris, 2014.
- Le corps des autres, Éditions du Seuil, Raconter la vie, 2015.
- Laëtitia ou la Fin des hommes, Éditions du Seuil, La Librairie du XXIe siècle, 2016. - Prix littéraire du Monde 2016[54] et prix Médicis (roman) 2016.
- En camping-car, Éditions du Seuil, La Librairie du XXIe siècle, 2018. - Prix France Télévisions 2018, catégorie essai.
- Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités, Éditions du Seuil, 2019.
- Un garçon comme vous et moi, Éditions du Seuil, 2021
- Goldman, Éditions du Seuil, 2023
Extraits de la source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_Jablonka
Thèse soutenue en 2004

Sujet : Les enfants de l'Assistance publique (1874-1939).
Directeur : Jean-Noël Luc
Université : Université Paris 4 - Paris-Sorbonne
Consultable à la bibliothèque du Centre
Situation actuelle : Professeur d’histoire à l’université Paris 13 (Sorbonne Paris Cité)
Ancien élève de l’École normale supérieure, membre de l’Institut universitaire de France, Ivan Jablonka est professeur d’histoire à l’université Sorbonne Paris Nord. Il est codirecteur de la collection « La République des Idées » au Seuil et l’un des rédacteurs en chef de la revue laviedesidees.fr.
Il a publié :
- Les vérités inavouables de Jean Genet, Seuil, 2004 (rééd. poche 2014)
- Âme sœur. Roman, La Volte, 2005 (rééd. poche 2018)
- Ni père ni mère. Histoire des enfants de l’Assistance publique (1874-1939), Seuil, 2006
- Enfants en exil. Transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982), Seuil, 2007
- Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France (XIXe-XXIe siècle), PUF, 2009 (avec Ludivine Bantigny)
- Les enfants de la République. L’intégration des jeunes de 1789 à nos jours, Seuil, 2010 (rééd. poche 2013)
- Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus. Une enquête, Seuil, 2012 (rééd. poche 2013, 2023)
- Nouvelles perspectives sur la Shoah, PUF, 2013 (avec Annette Wieviorka)
- L’enfant-Shoah, PUF, 2014 (direction d’ouvrage)
- Le monde au XXIIe siècle. Utopies pour après-demain, PUF, 2014 (avec Nicolas Delalande)
- L’histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales, Seuil, 2014 (rééd. poche 2017)
- Le corps des autres, Seuil, 2015 (rééd. poche 2020)
- Laëtitia ou la fin des hommes, Seuil, 2016 (rééd. poche 2017, 2020)
- En camping-car, Seuil, 2018 (rééd. poche 2019)
- Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités, Seuil, 2019 (rééd. poche 2021)
- Un garçon comme vous et moi, Seuil, 2021 (réed. poche 2022)
- Goldman, Seuil, 2023
- Le Troisième Continent ou la littérature du réel, Seuil, 2024
- La Culture du féminicide, Seuil, 2025.
Source : https://centrehistoire19esiecle.pantheonsorbonne.fr/jablonka-ivan
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Les féminicides s’affichent partout. De la Bible à Netflix, tous les arts – mythologie, peinture, théâtre, cinéma, chanson – ont mis en scène le massacre des femmes. Leur mise à mort se décline sous une forme réaliste, mais aussi et surtout symbolique : érotisation du meurtre, esthétique du démembrement, dissection de la belle défunte, escamotage de dames par un magicien, désintégration du robot femelle. Ces représentations narratives et visuelles composent une culture du féminicide.
Tuer des femmes : une longue histoire. Comment le meurtre sexualisé est-il devenu une pièce centrale de nos imaginaires – une évidence, un horizon d’attente, la grammaire de nos livres et de nos films ? En retraçant l’histoire de cette structure de pensée, on comprend comment les sociétés légitiment l’élimination des femmes.
Écrivain et éditeur, Ivan Jablonka est professeur d’histoire à l’université Sorbonne Paris Nord. Il a notamment publié, aux Éditions du Seuil, Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus (2012), Laëtitia (2016) et Des hommes justes (2019). Ses livres sont traduits en dix-sept langues.
Source : https://www.seuil.com/ouvrage/la-culture-du-feminicide-ivan-jablonka/9782021585995
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Depuis le XIXe siècle, notre mappemonde intellectuelle est occupée par deux continents : la fiction romanesque et la recherche savante. Mais ce partage du monde est de plus en plus contesté.
Récits, témoignages, biographies, reportages, journaux intimes : tous ces écrits du réel composent une autre littérature, animée par la volonté de comprendre. Ils sont nourris et structurés par les sciences sociales, qui ont aussi un potentiel littéraire. Car la recherche – dès lors qu’elle analyse son point de vue, dit « je » et ose écrire – est une recherche sur ses propres formes.
Quand la littérature rencontre les sciences sociales, c’est un troisième continent qui émerge : des terres où fleurissent les enquêtes, où se comprend notre histoire, où la recherche se réconcilie avec la création, où s’invente une littérature-vérité distincte de la littérature-fiction comme de la littérature grise. En s’engageant dans son exploration, ce livre propose une nouvelle cartographie des savoirs et des écritures.
Écrivain et éditeur, Ivan Jablonka est professeur d’histoire à l’université Sorbonne Paris Nord, membre de l’IUF. Ses livres, parmi lesquels Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus (2012), Laëtitia (2016), Des hommes justes (2019) et Goldman (2023), sont traduits en quinze langues.
SOMMAIRE
Introduction
Les nouveaux territoires de la littérature
Du roman à l’enquête Le discours de la méthode L’historien comme écrivain et témoin La littérature sans le roman La colère de la vérité Laëtitia, héroïne des temps modernes Phosphorescence de la noirceur Le troisième continentModerniser les sciences humaines
Crise et sortie de crise L’écriture suit la méthode La création en sciences sociales Du bon usage des fictions en histoire Jusqu’à preuve du contraire Les formes de la recherche Histoire et bande dessinée L’historien, voleur d’intimité Réparer l’enfanceLa présence des disparus
Écrire l’histoire de ses proches Allocution à la remise du prix du Sénat Petit-fils, historien, Juif Enfant-Shoah Chacun peut assumer sa part de mémoire À nouvelle histoire, nouvelle mémoire La rencontre magique Cénotaphes de papier Fleurir le puitsTémoins et arpenteurs
Primo Levi, maître du savoir-revivre Discours pour Simone Veil sur l’enseignement de la Shoah au xxie siècle Discours pour Simone Veil à l’inauguration du Mémorial de la Shoah Perec, chercheur en sciences sociales Je, elle, nous : l’intime collectif chez Ernaux Comment raconter la Shoah ?Écouter toutes les voix Le trésor des Ephrussi/image%2F4577849%2F20251105%2Fob_92835c_140156-couverture-hres-0.jpg)
Comment empêcher les hommes de bafouer les droits des femmes ? En matière d’égalité entre les sexes, qu’est-ce qu’un « mec bien » ? Il est urgent aujourd’hui de définir une morale du masculin pour toutes les sphères sociales : famille, entreprise, religion, politique, ville, sexualité, langage. Parce que la justice de genre est l’une des conditions de la démocratie, nous avons besoin d’inventer de nouvelles masculinités : des hommes égalitaires, en rupture avec le patriarcat, épris de respect plus que de pouvoir. Juste des hommes, mais des hommes justes.
Ivan Jablonka est historien et écrivain. Il a notamment publié Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus (prix du Sénat du livre d’histoire 2012), Laëtitia ou la fin des hommes (prix Médicis 2016) et En camping-car (prix Essai France Télévisions 2018). Ses livres sont traduits en douze langues.
Source : https://www.seuil.com/ouvrage/des-hommes-justes-ivan-jablonka/9782021401561
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Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d’être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans.
Ce fait divers s’est transformé en affaire d’État : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du « présumé coupable », précipitant 8 000 magistrats dans la rue.
Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille et les acteurs de l’enquête, avant d’assister au procès du meurtrier en 2015. Il a étudié le fait divers comme un objet d’histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer.
Source : https://www.seuil.com/ouvrage/laetitia-ivan-jablonka/9782021291209
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Cette enquête porte sur les esthéticiennes, dont le métier consiste à s’occuper du corps des autres, pour leur bien-être et leur agrément. Privilège de celles qui rendent belle ; abaissement de celles qu’on admet dans son intimité. On se confie, on s’accorde un moment à soi. Mais ces spécialistes du corps ne se contentent pas d’épiler ou de masser. Elles jouent aussi le rôle du psy, du coach, de l'infirmière, de l’assistante sociale, dans les instituts où elles travaillent – ces fabriques de la beauté moderne.
Ivan Jablonka est historien et éditeur.
Source : https://www.seuil.com/ouvrage/le-corps-des-autres-ivan-jablonka/9782370210340
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