Philosophe : Clotilde Leguil
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Clotilde Leguil, née Clotilde Badal en 1968 à Paris[1], est une psychanalyste et philosophe française, professeur des universités au département de psychanalyse de l'université Paris-VIII.
Biographie
Elle est la fille de Jean Badal. Elle grandit dans le 5e arrondissement de Paris, où elle suit ses études secondaires au lycée Henri-IV, puis en classe préparatoire littéraire au lycée Fénelon, où elle a notamment pour professeur Pierre Raymond.
Agrégée de philosophie (1992), ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (promotion 1988), elle soutient une thèse en 2010 sur le rapport de la pensée de Sartre à celle de Jacques Lacan, sous la direction de Pierre-François Moreau à l'ENS de Lyon.
Psychanalyste membre de l'École de la cause freudienne[6] et de l'Association mondiale de psychanalyse, elle a assuré, dans ce cadre, en partenariat avec Fabian Fanjwaks, en 2013, un enseignement intitulé « Subversion lacanienne des théories de genre ».
Elle a coécrit avec Jacqueline Russ un Que sais-je ? sur La Pensée éthique contemporaine en 1995, ainsi qu'un manuel scolaire de philosophie pour classes terminales en 1998, pour les Éditions Bordas. Elle a contribué à L'Anti-Livre noir de la psychanalyse (2006).
Elle a rédigé les préfaces de plusieurs rééditions de textes de Sigmund Freud au Seuil en 2010 et 2011.
Elle a écrit un essai sur la féminité à travers plusieurs figures féminines au cinéma, ainsi qu'un essai sur la représentation de la psychanalyse au cinéma, sous le prisme de la série américaine En analyse (In Treatment).
Dans une tribune parue dans Le Monde en 2019 sur « Les nouveaux programmes de philosophie », proposés par le ministre Jean-Michel Blanquer, elle met en évidence que l'on y voit disparaître la notion clé de la pensée elle-même, « le sujet » et avec lui « la conscience et l'inconscient ». Cette réforme lui paraît rétrograde : il s'agit, écrit-elle, de faire disparaître une référence essentielle à tout ce qui échappe à la science et même à la religion.
Depuis son premier essai sur Les Amoureuses (2008), jusqu'à L'ère du toxique (2023), en en passant par Céder n'est pas consentir (2021), elle déploie une réflexion depuis la philosophie et la psychanalyse sur les zones d'ombre de l'intime.
Depuis 2023, elle est co-productrice du podcast « L'inconscient », sur France Inter.
Ouvrages
- Les amoureuses : voyage au bout de la féminité, Seuil, 2009
- La pensée éthique contemporaine, avec Jacqueline Russ, Presses universitaires de France, 2012
- Sartre avec Lacan : corrélation antinomique, liaison dangereuse, Navarin-Champ freudien, 2012
- L'être et le genre : homme/femme après Lacan, PUF, 2015
- « Je » : une traversée des identités, PUF, 2018
- Céder n'est pas consentir : une approche clinique et politique du consentement, PUF, 2021
- L'ère du toxique, essai sur le nouveau malaise dans la civilisation, PUF, 2023.
La déprise, éditions Du Seuil, 2025.
Extraits de la source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Clotilde_Leguil
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L’événement amoureux, lorsqu’il nous arrive, produit un bouleversement qui est déprise de soi. Mais se déprendre conduit parfois à ne plus savoir jusqu’où consentir à l’autre. Quels sont les ressorts intimes de l’obéissance qui s’instaure alors ? Interrogeant le rêve de fusion dans l’amour, cet essai déchiffre l’énigme de la servitude volontaire dans le champ de l’intime. Refuser le bouleversement de la rencontre est pourtant une autre servitude. Les grandes figures de libertins révoltés, de Dom Juan à Valmont, n’incarnent-elles pas des désobéissances illusoires, où la pulsion écrase le désir ?
Instaurant un dialogue inédit entre Lacan et Camus autour des figures d’Antigone et de Sade, Clotilde Leguil dégage un nouvel art de la désobéissance, qui a pour finalité de ne pas céder sur son désir. Elle redonne ainsi au consentement son étoffe temporelle, pensant son devenir comme toujours marqué par l’histoire de chacun. Loin de se réduire à un contrat, le consentement est appelé à se métamorphoser afin que la puissance d’agir du sujet vienne à se réaliser.
Agrégée et docteure en philosophie, Clotilde Leguil est professeure au Département de psychanalyse de Paris-8 et
psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne. Depuis Les Amoureuses (Seuil, 2009) jusqu’à L'Ère du toxique
(PUF, 2023), en passant par Céder n’est pas consentir (PUF, 2021), elle explore les silences et les zones d’ombre de l’intime.
Source : https://www.seuil.com/ouvrage/la-deprise-clotilde-leguil/9782021576313