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23 Nov

Philosophe : Eric Sadin

Publié par Dominique Rech  - Catégories :  #Philosophe, #Philosophie des médias, #Bibliothèque philosophique

Éric Sadin, né le 3 septembre 1973, est un écrivain et philosophe français, principalement connu pour ses écrits technocritiques.

Biographie

Éric Sadin explore à partir de la fin des années 1990 certaines des mutations décisives du monde numérique de la fin du XXe et du début du XXIe siècle ainsi que leurs implications politiques et civilisationnelles. Le déclic se produit en 1998, lorsqu'Éric Sadin acquiert pour la première fois une connexion internet et un téléphone portable. Constatant la facilité de communication et de circulation des informations entre individus malgré la distance, il va développer l'idée de l'émergence d'« un nouveau moment de l’histoire de l’humanité, tant dans nos comportements individuels que collectifs ».

En 1999, il fonde la revue éc/artS, dédiée aux pratiques artistiques et aux nouvelles technologies[4],[source secondaire souhaitée]. La publication de la revue s'achève en 2003[5],[source secondaire souhaitée].

Il commence à se faire connaître en publiant en 2009 son livre Surveillance globale : enquête sur les nouvelles formes de contrôle[6]. Selon Le Monde, ce livre fait d'Éric Sadin l'un « des rares penseurs à s’interroger sur les limites de la révolution numérique en cours » et à en proposer une analyse multidimensionnelle — historique, philosophique, économique, idéologique et sociologique. Éric Sadin met en avant les aspects négatifs des nouvelles technologies, affirmant que la société de l'information est aussi une société de surveillance au service d'intérêts économiques. Il poursuit ses thèses dans L’Humanité augmentée. L’administration numérique du monde, publié en 2013, ou encore La Siliconisation du monde. L’irrésistible expansion du libéralisme numérique, publié en 2016. À partir de 2018, il consacre une grande part de son travail à l'intelligence artificielle.

Il devient un intervenant régulier à Sciences Po notamment à Paris, et intervient dans de nombreuses universités et centres de recherches en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.

Il a été aussi professeur à l’école supérieure d’art de Toulon, et professeur invité à l’ECAL de Lausanne et à l’université d’art IAMAS, à Ōgaki (Japon).

En 2022, dans L’Ère de l’individu tyran. La fin d’un monde commun, il affirme que les réseaux sociaux ont participé massivement à une exacerbation de l'individualisme, et une atomisation des sociétés. La subjectivité personnelle prendrait le pas sur les références universelles, et l'usage des réseaux sociaux conduiraient à des comportements de ressentiment et de colère permettant de compenser une dépossession de l'existence.

Intelligence artificielle
En 2018, il publie L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle, où il estime que l'IA est une révolution à laquelle il faut résister, tant, selon lui, elle « engendre une mise au ban progressive de l’humain »[16]. Il donne des exemples, comme le remplacement du diagnostic médical humain par l'IA, l'examen automatisé des conditions de délivrance d'un prêt bancaire, l'utilisation de robots numériques pour effectuer le recrutement des candidats. Il alerte sur la marginalisation de l'évaluation humaine face à la montée de l'automatisation, et va plus loin, y voyant une possibilité d'effacement du politique et d'asservissement aux analyses produites par les machines.

En 2023, il continue d'explorer les conséquences de l'utilisation de l'IA et s'inquiète d'une soumission de l'humain aux machines dans l'essai La Vie spectrale. Penser l’ère du métavers et des IA génératives.

En février 2025, alors que se déroule à Paris le Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle auquel participent de nombreux chefs d’État, il organise un contre-sommet avec le journaliste Eric Barbier, référent IA générative au sein du Syndicat national des journalistes. Cette contre-manifestation, intitulée Pour un humanisme de notre temps, se veut orientée « contre les discours qui nous promettent monts et merveilles avec l’IA », et se tient le 10 février au Théâtre de la Concorde à quelques centaines de mètre du Sommet. Elle a deux objectifs : faire entendre des témoignages sur des professions déjà impactées (écrivains, enseignants, journalistes, traducteurs, doubleurs, créateurs de films d'animation, certaines professions médicales), et créer une mobilisation, à l'image de la grève des scénaristes américains en 2023, dont l'une des revendications consistait à refuser que l'IA remplace les humains[2],[19],[18]. Eric Sadin déclare que l'usage de l'IA peut relever d'un « renoncement à l’usage de nos facultés les plus fondamentales », tandis qu'Eric Barbier, qui travaille à l'Est républicain, affirme que l’IA générative y est utilisée pour retravailler les textes de correspondants locaux, et qu'elle devient « un outil de productivité, d’automatisation des tâches pour réduire les effectifs », tout en remettant en cause « le pluralisme de la presse » et la « diversité de la pensée humaine ».

En octobre 2025, il poursuit son analyse avec l'essai Le désert de nous-même, estimant que l'intelligence artificielle générative, qui peut effectuer des tâches cognitives plus rapidement que l'être humain, représente un tournant dans l'histoire de l'humanité. Il en examine les probables conséquences sociales, notamment l'utilisation croissante de l'IA dans l'éducation, et appelle à une réflexion critique urgente. Sadin affirme que « face à l’ouragan des IA génératives, il nous reste deux ou trois ans pour agir », sinon, il sera trop tard pour les réguler. Libération, qui décrit le philosophe comme « vu par les uns comme un prophète de malheur et par les autres comme un lanceur d’alerte extralucide », estime que l'ouvrage pose une « question vertigineuse » : « que va-t-il rester à l’humanité quand les assistés numériques que nous sommes délégueront totalement l’apprentissage, la création et la formation du savoir à des machines ? ».

Ouvrages parus (sélection)
Essais
Times of the Signs : Communication and Information: A Visual Analysis of New Urban Spaces, Birkhäuser Verlag, 2007
Globale paranoïa, Les Petits matins, coll. « Les Grands soirs », 2009 
Surveillance globale : enquête sur les nouvelles formes de contrôle, Flammarion, coll. « Climats », 2009, 234 p. 
La Société de l'anticipation : le Web précognitif ou la rupture anthropologique, Inculte, coll. « Essais », 2011, 200 p. 
L'Humanité augmentée : l'administration numérique du monde, L'Échappée, coll. « Pour en finir avec », 2013, 189 p. 
La Vie algorithmique : critique de la raison numérique, L'Échappée, coll. « Pour en finir avec », 2015, 278 p. 
La Silicolonisation du monde : l’irrésistible expansion du libéralisme numérique, L'Échappée, coll. « Pour en finir avec », 2016, 291 p. 
L’Intelligence artificielle ou L’enjeu du siècle : anatomie d’un antihumanisme radical, L'Échappée, coll. « Pour en finir avec », 2018, 296 p. 
Le titre de l'ouvrage est une référence à La Technique ou l'Enjeu du siècle de Jacques Ellul.
L'Ère de l'individu tyran : la fin d'un monde commun, Grasset, 2020, 348 p. 
Faire sécession : une politique de nous-mêmes, L'Échappée, coll. « Pour en finir avec », 2021, 224 p. 
La vie spectrale : Penser l'ère du métavers et des IA génératives, Grasset, 2023
Interview pour la sortie : Alexandre Devecchio, « Éric Sadin: « Demain, avachis sur notre canapé, nous dirons : “ChatGPT, rédige-moi une lettre d’amour” » », Le Figaro,‎ 16 octobre 2023 
Le Désert de nous-mêmes : Le tournant intellectuel et créatif de l’intelligence artificielle, l’Echappée, 2025

Extraits de la source : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Sadin

 

Le tournant des années 2010 aura vu une accélération du renforcement de l’emprise numérique sur nos vies. Ce fut le moment de la popularisation desdits « réseaux sociaux », de la mise sur le marché d’une myriade d’applications et de l’exploitation tous azimuts de systèmes d’intelligence artificielle. Les tribunes et entretiens réunis dans ce livre permettent de mesurer avec justesse la vitesse et la nature des transformations induites par le déferlement numérique des quinze dernières années. Ces interventions prouvent aussi que la clairvoyance ne consiste pas à crier au feu lorsque la maison brûle, mais à mener une analyse rigoureuse au moment des premières étincelles – afin d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Il s’agit de penser à temps.

Source : http://ericsadin.org/realisations/penser-temps-faire-face-lempire-numerique-livre-compose-tribunes-et-dentretiens-171025

Le lancement de ChatGPT, fin 2022, a inauguré le tournant intellectuel et créatif de l’intelligence artificielle. Désormais, il est demandé à des systèmes de prendre le relais de nos facultés les plus fondamentales – en premier lieu celle de produire du langage et des symboles. Comment ne pas saisir l’ampleur des conséquences sociales, culturelles et civilisationnelles induites ? Celles-ci sont principalement de trois ordres. Premièrement, il est mis entre les mains de tous des technologies générant un pseudo-langage, car mathématisé, statistique et standardisé, appelé à devenir hégémonique. Deuxièmement, on ne connaîtra plus la nature ou l’origine d’une image. Émerge une ère de l’indistinction généralisée porteuse de nombreux périls alors que rancœur et défiance grandissent. Troisièmement, des dispositifs vont réaliser plus rapidement et de manière prétendument plus efficace que nous un nombre croissant de tâches à haute compétence cognitive. De ce fait, un ouragan va s’abattre sur les métiers de services et de la culture. Nous vivons un moment d’une extrême gravité, voyant l’automatisation, à terme intégrale, du cours du monde ne cesser de s’étendre. Or, il ne s’agit nullement d’un projet de société démocratiquement décidé, mais du résultat des vues d’ingénieurs et de l’ambition sans limites de l’empire de la tech. Ce livre procède à une analyse minutieuse des caractéristiques des IA génératives ainsi que de la rupture anthropologique à l’œuvre. Il revêt également une valeur de manifeste, appelant à défendre sans concession l’exercice des facultés qui nous définissent. Faute de quoi, nous appartiendrons bientôt à une humanité absente à elle-même.

Source : http://ericsadin.org/realisations/desert-nous-memes-tournant-intellectuel-et-creatif-lintelligence-artificielle

La Vie spectrale. Penser l'ère du métavers et des IA génératives. Éditions Grasset, en librairie à partir du 18 octobre 2023, 280 pages, 19.50€

4e de couverture.

En à peine 18 mois, deux événements ont tour à tour provoqué une onde de choc planétaire. Octobre 2021, Mark Zuckerberg annonce l’entrée de l’humanité dans le métavers ; fin 2022, le robot conversationnel, ChatGPT, système d’intelligence artificielle capable de rédiger des textes à notre place et appelé à indéfinilent se perfectionner, est mis en ligne.

Si Internet nous a fait basculer dans une autre société, les champions de l’industrie du numérique nous promettent maintenant de vivre dans une nouvelle dimension. Mais laquelle ? Quand ? Quelles en sont les raisons d’être ? Et l’horizon qui se profile ?

Philosophe majeur, Éric Sadin répond à ces questions en retraçant les évolutions technologiques, économiques et sociétales qui nous ont menés là, et expose leurs enjeux politiques et anthropologiques.

Car le métavers n’est pas une fantasmagorie, c’est une réalité qui déjà nous environne autant qu’un puissant mouvement, celui de la pixellisation croissante de nos existences (travail, enseignement, médecine, achats, loisirs et interactions ont lieu en ligne – et derrière nos écrans).

Un seuil a été franchi avec l’apparition de l’intelligence artificielle générative, dont le rôle n’est plus de gérer nos tâches mais de produire du langage, des images, du son… Nos facultés fondamentales sont en passe d’être déléguées à des machines.

Bientôt, c’est la voix de ces robots qui nous guidera dans nos cavernes de pixels, à chaque étape de nos vies vouées à être sans trêve analysées, marchandisées, désincarnées.

Face à cette rupture sans précédent, une philosophie s’impose pour comprendre et agir. Mises en perspectives historiques, analyses des systèmes technologiques, décryptages des intérêts économiques et des conséquences civilisationnelles,

La vie spectrale est autant une phénoménologie contemporaine que la pensée du monde qui vient. Un essai magistral et capital.

Source : http://ericsadin.org/realisations/vie-spectrale-penser-lere-du-metavers-et-ia-generatives

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