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16 Jan

Historien : Raul Hilberg

Publié par Dominique Rech  - Catégories :  #Historien, #Génocide, #Histoire contemporaine, #Géopolitique de Histoire, mémoire et justice, #Te HGGSP, #Bibliothèque historique

Raul Hilberg est un historien et politologue juif américain d'origine autrichienne, né le  à Vienne en Autriche et mort le  à Williston dans l'État du Vermont aux États-Unis.

Spécialiste de la Shoah de réputation internationale, il a été le premier à reconstituer dans une synthèse d'envergure, richement étayée, le processus d'ensemble du génocide perpétré à l'encontre des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale dans tous ses aspects politiques, économiques, techniques, administratifs et humains.

Biographie

Jeunesse et formation

Né à Vienne, Raul Hilberg fuit l'Autriche et les persécutions nazies en , à l’âge de 13 ans, en compagnie de sa famille. Après un bref séjour à Cuba, la même année, il débarque seul aux États-Unis. En 1944, il est de retour en Europe sous l'uniforme de l'armée américaine[1].

Raul Hilberg fait des études de science politique (B.A. 1948) au collège de Brooklyn de l'université de la ville de New York, et de droit public et gouvernement (M.A. en 1950, Ph.D. en 1955) à l'université Columbia.

Carrière universitaire
Un historien de la Shoah

En 1956, il devient professeur de relations internationales à l'université du Vermont, à Burlington, où il demeure pendant toute sa carrière[1], multipliant les congés sabbatiques pour mener à bien ses recherches.

Dès 1948, Raul Hilberg poursuit des recherches relatives au génocide des Juifs d'Europe. En 1952, il devient membre du War Documentation Project et du musée du mémorial de l'Holocauste des États-Unis, témoin du département de la Justice dans les procès contre les criminels concernés.

Ce poste lui donne accès aux archives du Troisième Reich saisies par l'armée américaine. Hilberg décide d'écrire sa thèse doctorale sous la direction de Franz Leopold Neumann. Après le décès de Neumann en 1954 dans un accident de voiture, Hilberg continue sa thèse sous la direction de William T. R. Fox. En 1955, il soutient sa thèse La Bureaucratie sous l'Allemagne nazie. Il éprouve de grandes difficultés à la faire publier[1]. À la fin des années 1950, l'extermination des Juifs suscite alors assez peu d'intérêt. L'arrestation d'Adolf Eichmann, en 1960, et l'ouverture de son procès donnent un regain d'intérêt à cette période, ce qui permet la publication de l'ouvrage.

Une œuvre majeure, internationalement reconnue

Néanmoins, La Destruction des Juifs d'Europe paraît en 1961 dans l'indifférence générale. Cet ouvrage fournit l'estimation de cinq millions cent mille victimes juives[1], chiffre que l'on retrouve inchangé dans la deuxième édition de 1985.

Ce texte qu'il n'a cessé de compléter jusque dans les années 2000, peu avant sa mort, est devenu une référence internationale sur le génocide des Juifs, notamment après la publication de la deuxième édition en 1985 (en 1988 dans sa version française). De plus, Raul Hilberg a ajouté un dernier chapitre sur le Rwanda à la suite du génocide de 1994, refusant de se taire face à ce qui se passait dans le monde contemporain[2].

« Raul Hilberg dit aujourd’hui encore ne pouvoir répondre au « pourquoi » de « la solution finale ». Il n’en dissèque pas moins avec une précision extrême un processus qui a impliqué tous les rouages de l’État nazi, de la SS jusqu’aux Chemins de fer, ainsi que des pans entiers de la « société civile » allemande : industries, laboratoires, commerces. La rationalité industrielle implacable d’un processus dépourvu de toute signification particulière, sinon celle d’accomplir au mieux la tâche confiée, pour le plus grand nombre de ses acteurs, allemands ou collaborateurs, n’est pas la moindre des questions qui jaillit des recherches de Raul Hilberg. »

— Marc Blachère, L'Humanité, 18 mars 1998[3].

Raul Hilberg est mort en 2007, à 81 ans, à son domicile américain de l'État du Vermont.

Publications

Ouvrages
  • La Destruction des Juifs d'Europe, 1961 ; éd. Fayard, 1988, et Gallimard, coll. « Folio histoire », deux volumes, 1991 ; troisième édition, trois volumes, Gallimard [archive], « Folio »-histoire, 2006.
  • Exécuteurs, victimes, témoins, éd. Gallimard, coll. « NRF »-essais, 1994 et coll. « Folio histoire », 2004.
  • La Politique de la mémoire, Gallimard, coll. « Arcades », 1996.
  • Holocauste : les sources de l'histoire (trad. Marie-France de Paloméra), Paris, Éditions Gallimard, coll. « NRF Essais », , 234 p. (ISBN 978-2-07-076199-9).
Direction

Extraits de la source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Raul_Hilberg

 

L'histoire est une discipline ainsi faite qu'elle avance grâce à des études monographiques sur des acteurs, des lieux, des institutions, des événements, et. plus rarement. grâce à la mise en un récit unique de l'ensemble de ces données, traçant une perspective d'une seule coulée, donnant. pour des générations, le grand cadre de leurs recherches, l'impulsion même de leur vocation d'historiens. L'ouvrage de Raul Hilberg est de ceux-là, qui a définitivement décrit le génocide comme un processus, distinguant les étapes et précisant les structures de la destruction : la définition des victimespar décret ; l'expropriation ; la concentration ; les opérations mobiles de tuerie ; les déportations ; les centres de mise à mort. C'est dans ce cadre que s'est inscrite toute l'historiographie internationale du génocide, corrigeant localement le grand récit d'Hilberg, lequel, en retour, intègre tous ces apports dans cette édition nouvelle, mise à jour et définitive. La présente édition définitive est constituée de trois tomes. Le tome premier (Folio histoire n° 142) comporte les chapitres I à VII, le tome deuxième (Folio histoire n° 143) comporte le chapitre VIII, le tome troisième (Folio histoire n° 144) comporte les chapitres IX à XII, les annexes et l'index général des trois tomes.

Source : https://www.fnac.com/a1784264/Raul-Hilberg-La-destruction-des-Juifs-d-Europe

 

Les exécuteurs : officiers, médecins, anthropologues, juristes, fonctionnaires allemands, nouveaux Allemands mais aussi volontaires non allemands, Ukrainiens, Baltes ou autres, dont l'enthousiasme à la tâche est maintenant avéré grâce aux archives soviétiques. Tous participèrent au génocide dans la pleine conscience de la fonction qu'ils exerçaient et en sachant que, pris dans l'engrenage, jamais leur action ne pourrait être annulée, effacée. Les victimes, identifiables et recensables à tout instant, et que la mort collective agrégea en une masse sans forme inscrite dans la mémoire sous l'évocation froide des millions qu'elles furent. Or, Raul Hilberg montre ici que toutes ne vécurent pas semblablement dans le temps ni dans l'espace l'impact du génocide : élites communautaires, hommes, femmes, enfants, couples mixtes, Juifs christianisés, célibataires, pauvres et marginaux subirent, selon les stratifications et les inégalités sociales, démographiques, voire politiques et religieuses, la Catastrophe qui finit par les engloutir. Les témoins : les sauveurs, individuels ou collectifs, les Alliés, les puissances neutres, les organisations sionistes, les Églises, dont nombre se crurent - ou se voulurent - impuissants, si bien qu'ils le devinrent. Les vingt-quatre chapitres de ce livre sont autant de vignettes qui, prenant chacun à sa place dans le processus génocidaire, nous donnent, en quelque sorte, non plus l'anatomie de la Catastrophe, mais sa physiologie.

Source : https://www.fnac.com/a1561406/Raul-Hilberg-Executeurs-victimes-temoins

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Dominique RECH