Archéologue : Alain Schnapp
Alain Schnapp, né en 1946 à Paris, est un historien et archéologue français.
Biographie
Titulaire d'un doctorat de 3e cycle en 1973, Alain Schnapp fait une carrière d'enseignant chercheur, puis soutient une thèse de doctorat d'État intitulée « La duplicité du chasseur : comportement juvénile et pratique cynégétique en Grèce ancienne aux époques archaïques et classiques » dirigée par Pierre Vidal-Naquet en 1987. Il est nommé professeur d'archéologie grecque à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il dirige l'UFR d'histoire de l'art en 1994-1998 et celle d'archéologie. Ancien directeur général de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) en 2000-2005, il est professeur invité à Princeton, Naples, Pérouse, Cambridge, Santa Monica et ArScAn (Paris Nanterre) et Heidelberg. Il est membre correspondant de l'Institut archéologique allemand et reçoit la médaille de l'Association des études grecques en 1988[1] et le prix Meyer-Struckmann en 2014. Alain Schnapp prend sa retraite en 2014. Il est alors nommé professeur émérite.
Ses activités de recherche ont porté sur trois domaines distincts : l'anthropologie de l'image en Grèce ancienne, l'histoire de l'archéologie et l'étude urbaine des cités et territoires du monde grec.
Il a participé à la fondation de la revue Les Nouvelles de l'archéologie en 1979.
Publications en français
- (thèse) « La duplicité du chasseur : comportement juvénile et pratique cynégétique en Grèce ancienne aux époques archaïque et classique », Lille 3 : ANRT, 1989
- Le Chasseur et la cité : chasse et érotique en Grèce ancienne, Albin Michel, 1997
- La Conquête du passé : aux origines de l'archéologie, Le Livre de poche, 1998
- (dir.) Préhistoire et Antiquité. Histoire de l'art, vol. 1, Flammarion, 1997 (rééd. 2011)
- (dir.) L'Archéologie aujourd'hui, Hachette, 1980
- (co-dir.) Archéologie pouvoir et société, avec Gilles Gaucher, Éditions du CNRS, 1984
- L'Histoire ancienne : à travers 100 chefs-d'œuvre de la peinture, avec François Lebrette, Presses de la Renaissance, 2004
- (co-dir.) avec François Hartog, Pauline Schmitt-Pantel, Pierre Vidal-Naquet, un historien dans la cité, La Découverte, 2007
- Ruines. Essai de perspective comparée, Dijon, Les presses du réel, coll. « Amphi des arts », 2015
- Piranèse ou l'épaisseur de l'histoire, Paris, INHA, coll. « Dits », 2017
- Une histoire universelle des ruines. Des origines aux Lumières, Seuil, 2020
- (avec Jean-Paul Demoule), Qui a peur de l'archéologie ? : La France face à son passé, Paris, Les Belles Lettres, 350 p., 2024
Ouvrages collectifs
- « L'archéologie » in L'Histoire et le métier d'historien en France, 1945-1995, Maison des Sciences de l'Homme, 1995
- Guide des méthodes de l'archéologie, La Découverte, 2004
- avec Pierre Vidal-Naquet, Journal de la commune étudiante. Textes et documents. Novembre 1967 - juin 1968, première édition en 1969[6], réédition revue et augmentée, Le Seuil, coll. « L'univers historique », 1988
- avec Jean-Paul Demoule et Dominique Garcia, Une histoire des civilisations, La Découverte et INRAP, 2018
Extraits de la source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Schnapp
/image%2F4577849%2F20260212%2Fob_b91f16_128250-couverture-hres-0.jpg)
Il n’existe pas plus d’hommes sans mémoire que de sociétés sans ruines. Cette Histoire universelle des ruines vise à élucider le rapport indissoluble que chaque civilisation entretient avec elles.
L’Égypte ancienne confie la mémoire de ses souverains à des monuments gigantesques et à des inscriptions imposantes. D’autres sociétés préfèrent pactiser avec le temps, comme les Mésopotamiens, conscients de la vulnérabilité de leurs palais de briques crues, qui enterrent dans le sol leurs inscriptions commémoratives. Les Chinois de l’Antiquité et du Moyen Âge remettent le souvenir de leurs rois et de leurs grands hommes à des inscriptions sur pierre et sur bronze dont les antiquaires scrupuleux collectent les estampages. D’autres encore, les Japonais du sanctuaire d’Isé, détruisent puis reconstruisent à l’identique, en un cycle infini, leurs architectures de bois et de chaume. Ailleurs, dans le monde celtique et en Scandinavie, comme dans le monde arabo-musulman, ce sont les poètes ou les bardes qui ont la charge d’entretenir la mémoire.
Les Grecs et les Romains considèrent les ruines comme un mal nécessaire qu’il faut apprendre à interpréter pour les maîtriser. Le monde médiéval occidental affrontera l’héritage antique avec une admiration fortement teintée de répulsion. Face à cette tradition, la Renaissance entreprend un retour d’un type nouveau à l’Antiquité, considérée comme un modèle du présent qu’il faut imiter pour mieux le dépasser. Les Lumières enfin bâtissent une conscience universelle des ruines qui s’est imposée à nous comme le « culte moderne des monuments » : un dialogue avec les ruines qui se veut universel et dont ce livre porte témoignage.
Passant d’une civilisation l’autre, Alain Schnapp s’appuie autant sur des sources archéologiques que sur la poésie. Magnifiquement illustrée, cette somme est l’oeuvre d’une vie.
Source : https://www.seuil.com/ouvrage/une-histoire-universelle-des-ruines-alain-schnapp/9782021282504
/image%2F4577849%2F20260212%2Fob_9e87f7_8623-1723125187.jpg)
Vous aurez beau arpenter les moindres recoins des fabuleuses collections du Musée du Louvre, joyau de la capitale et de la culture françaises, vous n’y verrez presque aucun objet archéologique mis au jour en France. Tous, dont des splendeurs, sont délaissés au Musée de Saint-Germain-en-Laye, attendant dans l’ombre, des crédits, du public, voire un président qui s’emparerait du lieu pour en faire son « grand projet ». Pourquoi un tel déni institutionnel, donc institutionnalisé, vis-à-vis de notre patrimoine ?
Certes, c’est un travers bien humain qui consiste à toujours regarder ailleurs plutôt que de baisser les yeux pour fouiller sous ses pieds. Déjà, au deuxième siècle de notre ère, l’écrivain voyageur Pausanias, autant historien que géographe, écrivait que les Grecs montraient « plus de talent à admirer ce qui provient de l’étranger que ce qui se trouve chez eux, en sorte que si les meilleurs de leurs érudits ont analysé dans le moindre détail les pyramides des Égyptiens, ils n’ont pas accordé le moindre souvenir au Trésor de Minyas ou aux murs de Tirynthe, qui ne sont en rien moins admirables » (Béotie, IX, XXXVI, 5).
En France toutefois, ce travers prend des allures de névrose nationale aux conséquences ahurissantes, parfois dramatiques. C’est l’histoire singulière de ce complexe que raconte ce livre engagé et documenté. Porté par deux savants à la passion communicative, il retrace le destin tourmenté de notre patrimoine archéologique, s’autorisant toutes les questions qui fâchent, dont la plus pressante : et maintenant ?
Source : https://www.lesbelleslettres.com/livre/9782251455952/qui-a-peur-de-l-archeologie