Nicolas Le Roux
Professeur des Universités en Histoire moderne
Directeur du Centre Roland Mousnier.
École Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (1989), agrégation d’histoire (1992) ; doctorat en histoire (1997), sous la direction de Jean-Marie Constant (Université du Maine).
Maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne et membre du Centre Roland-Mousnier (1998-2007); habilitation à diriger des recherches (2006), garant: Denis Crouzet (Paris-Sorbonne); professeur à l’Université Lyon 2 (2007-2015); professeur à l’Université Paris 13 (2015-2021); professeur à Sorbonne Université et membre du Centre Roland-Mousnier (2021-).
1. ETUDES ET CARRIERE
2021 : Professeur d’histoire moderne à Sorbonne Université ; rattachement scientifique au
Centre Roland Mousnier (UMR 8596).
2015 : Professeur d’histoire moderne à l’Université Paris 13 ; rattachement scientifique au
laboratoire Pléiade (EA 7338).
2007 : Professeur d’histoire moderne (2e classe) à l’Université Lyon 2 ; rattachement
scientifique au Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (UMR 5190).
2006 : soutenance d’un dossier d’Habilitation à diriger des recherches en histoire moderne
devant l’Université Paris-IV, intitulé Pouvoirs et hommes de pouvoir. Recherches sur la
société politique à la Renaissance, comprenant un ouvrage de recherche inédit intitulé
L’Assassinat d’Henri III. Un régicide au nom de Dieu et un essai sur La France au temps
des guerres de Religion (1559-1629) ; jury : Lucien Bély (Paris-IV), président ; Laurent
Bourquin (Le Mans) ; Michel Cassan (Limoges) ; Denis Crouzet (Paris-IV), garant ; Jean-
Marie Constant (Le Mans) ; Philippe Hamon (Rennes-II).
1998 : Maître de conférences d’histoire moderne à l’Université Paris-IV ; rattachement
scientifique au Centre Roland-Mousnier (UMR 8596).
1997 : soutenance d’une thèse de doctorat à l’Université du Maine, direction Jean-Marie
Constant : Courtisans et favoris : l’entourage du prince et les mécanismes du pouvoir dans
la France des guerres de Religion ; jury : Anne-Marie Cocula (Bordeaux-III) ; Anne Fillon
(Le Mans), présidente ; Michel Cassan (Limoges) ; Jean-Marie Constant (Le Mans),
directeur ; Denis Crouzet (Paris-IV).
Mention : Très honorable, avec les félicitations du jury à l’unanimité.
1992 : Agrégation externe d’histoire.
1989 : Admission à l’Ecole Normale Supérieure (Fontenay-Saint-Cloud) ;
section : Sciences humaines (option : Histoire-géographie).
2. PRODUCTION SCIENTIFIQUE 2.1 OUVRAGES PERSONNELS
- 1559-1629. Les guerres de Religion, Paris, Gallimard, « Folio Histoire de France », 2022,
774 p. (rééd. augmentée et corrigée de Les guerres de Religion (1559-1629), Paris, Belin,
« Histoire de France », 2009).
- Portraits d’un royaume. Henri III, la noblesse et la Ligue, Paris, Passés composés, 2020,
389 p.
- Les guerres de Religion, Paris, Presses universitaires de France, « Que sais-je ? », 2016,
128 p. ; 2e éd. 2018 ; 3e éd. 2023.
- 1515. L’invention de la Renaissance, Paris, Armand Colin, 2015, 309 p.
- Le Crépuscule de la chevalerie. Noblesse et guerre au siècle de la Renaissance, Ceyzérieu,
Champ Vallon, « Époques », 2015, 416 p.
-Guerres et paix de Religion, 1559-1598, Paris, Belin, 2014, 217 p.
- Le Roi, la Cour, l’État. De la Renaissance à l’Absolutisme, Seyssel, Champ Vallon,
« Époques », 2013, 400 p.
- Les guerres de Religion (1559-1629), Paris, Belin, « Histoire de France », 2009, 607 p. ; 2e
éd. 2014.
- Un régicide au nom de Dieu. L’assassinat d’Henri III (1er août 1589), Paris, Gallimard,
« Les Journées qui ont fait la France », 2006, 457 p. ; rééd. corrigée : « Folio Histoire »,
2017, 579 p.
- La Faveur du roi. Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547-vers
1589), Seyssel, Champ Vallon, « Époques », 2001, 808 p. ; rééd. « Les classiques de
Champ Vallon », 2013.
2.2 DIRECTION D’OUVRAGES
- Les guerres de Religion. Une histoire de l’Europe au XVIe siècle, Paris, Passés Composés, 2023
- Un tragique XVIe siècle. Mélanges offerts à Denis Crouzet, Ceyzérieu, Champ Vallon,
« Époques », 2022, 432 p. (avec Caroline Callard et Tatiana Debbagi Baranova).
- La Paix des Dames 1529, Tours, Presses universitaires François-Rabelais, 2021 (avec
Jonathan Dumont, Laure Fagnart, Pierre-Gilles Girault).
- Faire de l’histoire moderne, Paris, Classiques Garnier, « Rencontres », 2020, 382 p.
- Henri III roi de Pologne : Seizième siècle, n° 14, 2018.
- Noblesse oblige. Identités et engagements aristocratiques à l’époque moderne, Rennes,
PUR, 2017, 198 p. (avec Martin Wrede).
- La Vocation du Prince : Chrétiens et Société, n° spécial, 2014 (avec Sylvène Edouard)
Extraits de la source : https://centrerolandmousnier.cnrs.fr/annuaire/fiche_personnelle_nicolas_le_roux/
1515 Marignan. Qui ne connaît cette correspondance entre un millésime facile à retenir et la victoire remportée par François Ier dans le nord de l’Italie ?
Cet essai d’histoire synchronisée entend replacer dans son contexte une bataille longtemps considérée comme une date majeure de l’histoire de France.
Le début du XVIe siècle fut un moment de circulation des hommes, des œuvres et des idées sans précédent. Les nouvelles formes artistiques inspirées par la redécouverte de la culture antique se diffusaient en Europe, et l’on a pu voir dans ce mouvement une véritable « renaissance » du Vieux Continent.
Alors qu’Érasme défendait une vision renouvelée de la vie chrétienne et prônait la paix entre les créatures de Dieu, certains s’interrogeaient sur le sens profond des guerres qui ravageaient l’Ancien Monde et sur celui des « découvertes » ultra-marines.
Ces événements n’annonçaient-ils pas la fin des temps ?
Les « guerres de Religion » désignent ordinairement les conflits qui se déroulèrent en France dans la seconde partie du XVIe siècle. Pourtant les affrontements qui se développèrent dans les cantons helvétiques autour de 1530, puis dans le Saint-Empire dans les années 1540 et 1550, constituent eux aussi des guerres de Religion, et les anciens Pays-Bas basculèrent à leur tour dans la guerre à partir de 1566. Quant à l’Angleterre, elle connut des troubles, sans sombrer dans la guerre civile, ce qui ne l’empêcha pas de participer aux conflits européens, tout comme la monarchie catholique espagnole et les puissances italiennes, à commencer par la papauté. C’est pourquoi les auteurs de ce livre dirigé par Nicolas Le Roux proposent une approche globale, à la fois nationale et transnationale, de ces terribles affrontements religieux, en soulignant le poids des échanges à travers l’Europe mais aussi les spécificités de certaines rivalités ou solidarités. En cela ils offrent une nouvelle histoire de l’Europe au XVIe siècle.
Source : https://passes-composes.com/book/375
1559-1629 est une séquence dramatique pour le royaume de France, profondément divisé par la question religieuse. Les protestants constituent environ 10 % de la population française au début des années 1560. Les monarques sont de jeunes hommes incapables de gouverner par eux-mêmes ou des princes déconsidérés aux yeux de leurs sujets. En dépit des efforts de Catherine de Médicis et du chancelier Michel de L’Hospital, qui accordent aux protestants la liberté de culte, le royaume sombre dans le chaos : exactions et batailles se succèdent et les violences culminent en 1572 avec la Saint-Barthélemy. On assiste même à deux régicides (Henri III en 1589 et Henri IV en 1610).
Temps de crise sans précédent, les guerres de Religion constituent le creuset de la monarchie absolue d’Ancien Régime. Henri IV parvient à reconstituer l’unité du royaume autour de l’idéal d’obéissance à la figure royale et son fils Louis XIII bénéficie de ses succès pour achever de créer une monarchie puissante capable de s’imposer sur la scène européenne.
Comment l’exercice du gouvernement a-t-il évolué du temps de François Ier à celui de Louis XIII ? Comment le monarque a-t-il répondu aux défis posés par l’essor du protestantisme ? La restauration de l’ordre public pouvait-elle obliger le Roi Très-Chrétien à renoncer à supporter l’altérité confessionnelle ? Le pouvoir du souverain pouvait-il être pensé autrement que comme une forme supérieure de gouvernement des âmes ? Dans un contexte de crise, le prince devait-il toujours se soumettre aux impératifs moraux traditionnels, ou pouvait-il se considérer investi par Dieu d’une autorité extraordinaire qui l’autorisait à recourir à des formes exceptionnelles de gouvernement ?
Telles sont les questions soulevées par ce livre. Pour y répondre, Nicolas Le Roux étudie les différentes conceptions du pouvoir qui avaient cours en ce siècle de drames et de violences que fut le xvie siècle. Il se penche sur la dimension exécutive du pouvoir royal, en cherchant à comprendre dans quelles conditions le souverain exerçait sa fonction de chef d’État. Il analyse la genèse de la société de cour moderne, en étudiant le fonctionnement de la Maison du roi, les transformations des résidences princières et les mesures prises pour exalter la puissance du souverain. Il examine les grandes cérémonies royales, les rituels religieux et les fêtes profanes qui rythmaient la vie de la cour.
Nicolas Le Roux cherche à comprendre comment les monarques et les reines ont tenté de rétablir l’ordre public au moment du schisme religieux. Il s’interroge sur les motivations profondes de Catherine de Médicis et de ses fils, Charles IX et Henri III qui, par différents moyens, ont essayé de reconstruire la paix, parfois par les armes, parfois par la tolérance. Il s’interroge enfin sur les conséquences de la crise de succession qui a mis fin à la dynastie des Valois et fait monter Henri IV sur le trône.
C’est un des rois les moins aimés de l’Ancien Régime, et l’un des plus méconnus, qui meurt sous le poignard du moine Jacques Clément. Avec lui, au milieu des guerres de Religion qui n’en finissent pas, s’éteint la dynastie des Valois : un chapitre se referme, une autre histoire de la monarchie commence, inaugurée par l’accession au trône d’Henri de Bourbon. Avec ce successeur, la figure du prince tend à se détacher de la communauté des humains et acquiert, par l’investiture divine, une dimension d’absolu.
De ce règne presque oublié, Nicolas Le Roux restitue les desseins secrets et les drames sanglants. Il décrit un monarque hanté par l’ambition de pacifier le royaume, de réconcilier ses sujets et de régénérer l’autorité royale par la piété, la justice et la douceur. Il analyse les violentes résistances que les catholiques zélés opposent à ce rêve d’harmonie, jusqu’à faire la guerre à leur propre souverain. Faisant parler les voix et les passions de ces années terribles, l’auteur propose une lecture renouvelée de l’extrémisme ligueur, de ses pulsions meurtrières et de ses fantasmes tyrannicides.
Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547-vers 1589)
Dans la France de la Renaissance, la cour s’impose comme un outil de gouvernement. À la fois instrument et reflet de sa puissance, l’entourage du prince joue un rôle politique majeur. C’est dans ce monde aux contours mouvants qu’un cercle privilégié de familiers acquiert une position dominante: les mignons. Ce livre s’attache à ces personnages mal connus, à la réputation sulfureuse.
Jusqu’au milieu du XVIe siècle, seuls quelques grands barons jouent à la cour le rôle d’intermédiaires obligés entre les élites et le souverain. Avec les guerres de Religion (1562-1598), les conflits pour l’accès aux ressources de l’État et à la faveur du roi deviennent de plus en plus violents. Tandis que la reine mère Catherine de Médicis tente de rétablir l’unité du royaume, le futur Henri III prend la tête d’un groupe de jeunes gens soudé notamment par l’expérience des combats. Les mignons accèdent donc au pouvoir avec leur maître en 1574. Ils forment alors l’écrin qui magnifie la majesté du souverain. Les ducs de Joyeuse et d’Épernon émergent de cette nébuleuse, épurée par les assassinats, les duels et les disgrâces. Après la mort du premier et la mise à l’écart du second, la politique de la faveur s’éteint, obligeant le roi à reprendre lui- même en main le fonctionnement de la cour.
Cette histoire de la faveur propose une approche renouvelée de la formation de l’État royal: elle démontre que les figures du courtisan et du favori participent pleinement à la construction du pouvoir monarchique.