Historienne : Marion TRÉVISI
Maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Picardie
Jules-Verne d’Amiens (UPJV) (titularisée en 2005) et rattachée au Centre d’Histoire des
Sociétés, des Sciences et des Conflits (CHSSC, Université de Picardie Jules-Verne).
Publications :
- Au cœur de la parenté, oncles et tantes dans la France des Lumières, Presses de l’Université
Paris-Sorbonne (PUPS), Paris, 2008.
- Les femmes et la guerre de l’Antiquité à 1918, avec P. Nivet, Economica, Paris, 2010.
Les d’Estourmel, une famille picarde au 18e siècle, avec S. Beauvalet, Encrage Edition,
Amiens, 2011.
- L’horizon méditerranéen 1779-1799. Lettres et journaux de voyage de Louis-Auguste
d’Estourmel, commandeur de l’Ordre de Malte, correspondance présentée et établie avec S.
Beauvalet et I. Chave, Presses Universitaires de Bordeaux, collection Mémoire Vive, Pessac,
2011.
- Destins croisés de deux familles nobles picardes. Lettres de Charles de Beauclerc et de la
famille d’Estourmel, 1785-1814, avec S. Beauvalet et I. Chave, Limoges, PULIM, 2015.
- L’irrationnel et la guerre de la fin du Moyen Age à 1920, sous la direction de Marion Trévisi
et de Laurent Vissière, Presses Universitaires de Rennes, 2016.
La Guerre et les Femmes, sous la direction de Jean Baechler et de Marion Trévisi, Paris,
Hermann, 2018.
Extraits de la source : https://chssc.u-picardie.fr/sites/default/files/media/2024-11/cv_marion_trevisi.pdf
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Qui pourrait imaginer aujourd'hui que les femmes faisaient pleinement partie de la communauté militaire en France à l'époque moderne ? Pourtant loin d'être marginalisées, ces auxiliaires de service occupaient des rôles « support » auprès des soldats, ne cessant de s'adapter aux normes de genre et au quotidien harassant des hommes sur qui elles veillaient. L'autrice redonne vie à ces femmes oubliées de l'histoire, les suiveuses ou compagnes des armées, qu'elle a traquées dans des archives de guerre et des mémoires de soldats et d'officiers de la fin du xviiie siècle, des armées révolutionnaires et du Premier Empire. Cet ouvrage réattribue leur juste place à ces épouses, mères de soldats, prostituées, cantinières et blanchisseuses qui participèrent à la communauté de campagne avec les hommes. Il conte leurs expériences, souvent minorées ou invisibilisées dans les récits officiels. Une autre vision des pratiques de la guerre « au ras du sol », du côté féminin, qui élargit le champ de l'histoire militaire.
Source : https://librairiedupincerais.fr/suiveuses-de-guerre.html
Depuis l'Antiquité, un cortège de civils suit les soldats en campagne, en garnison et aux abords des casernes. À l'époque moderne, cette foule hétéroclite, largement féminine, était composée de cantinières, de blanchisseuses et d’épouses de soldats ou de haut gradés. Longtemps invisibilisées dans l’historiographie, ces femmes étaient pourtant des figures incontournables de l’écosystème militaire.
Les sources officielles les décrivent comme des prostituées ou des présences encombrantes, qui détournent les soldats de leurs devoirs. Pourtant, elles répondent dans la pratique aux besoins essentiels des troupes, comme l’approvisionnement en alcool et en vivres, ou le nettoyage et raccommodage des vêtements. Les soldats leur réservent une place importante dans leurs Mémoires et elles deviennent même un véritable archétype dans la culture populaire du XIXe siècle !
Au micro de Storiavoce, la chercheuse Marion Trévisi retrace les conditions de vie, les motivations et les destins oubliés de ces femmes qui ont aussi bien vécu les victoires que les retraites, voire la captivité.
L’invitée : Professeure en histoire moderne à l'université Picardie Jules-Verne, Marion Trévisi est une spécialiste de l'histoire des femmes, de la famille et de la guerre. Elle publie Suiveuses de guerre de l’Ancien Régime à l’Empire aux éditions des Presses universitaires de France (392 p., 25 €).
Source : https://www.youtube.com/watch?v=7OSjYy9PjwQ