Overblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
20 Feb

Philosophe : Myriam Revault d'Allonnes

Publié par Dominique Rech  - Catégories :  #Philosophe, #Philosophie du politique, #Bibliothèque philosophique

 

Myriam Revault d'Allonnes est agrégée de philosophie, docteur en philosophie (Sorbonne), habilitée à diriger des recherches en philosophie (Paris X Nanterre) mais également professeure émérite des Universités à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE) et chercheure associée au CEVIPOF (Centre de recherche de Sciences Po).

Elle a enseigné la théorie politique à l’Ecole doctorale de Sciences Po Paris. Ancienne directrice de programme au Collège International de Philosophie. Elle a dirigé de  2006  à 2013  la collection de philosophie pour enfants « Chouette ! Penser » aux éditions Gallimard-jeunesse.

 

Elle est membre de la commission du Livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France (2008) et du Jury de la Conférence de consensus sur la prévention de la récidive (2012). Elle a présidé de 2015 à 2018 la commission philosophie-psychanalyse-sciences religieuses du Centre National des Lettres (CNL).

Après avoir travaillé sur le « mal du politique » et le « caractère intraitable » des passions dont est faite l’assise originaire du  lien social, elle s’est interrogée sur la notion de « banalité du mal » et sur la question du « sens de l’humain » entendu comme capacité d’échanger des expériences, capacité dont l’expérience concentrationnaire nous a notamment donné à voir la défection la plus radicale. Abordant les problèmes liés à la démocratie contemporaine, elle a analysé les remaniements conceptuels auxquels doivent être soumises les expériences contemporaines, d’où ses récents travaux sur les notions d’« autorité », de « crise » et de « représentation », ainsi que sur la question des rapports entre vérité et politique. 

Sa réflexion sur la démocratie accorde une place décisive aux affects politiques et aux dispositions subjectives que les individus entretiennent à l’égard du mode d’existence démocratique.

 

Principales publications

- La crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du temps, Seuil, 2012 (« Points Essais », 2016)

-  Le miroir et la scène. Ce que peut la représentation politique, Seuil, 2016

- La politique expliquée à nos enfants, Seuil, 2017

-La faiblesse du vrai. Ce que la post vérité fait à notre monde commun, Seuil, 2018 (« Points-Essais » octobre 2021 avec  une postface inédite)

- L’esprit du macronisme. L’art de dévoyer les concepts, Seuil, 2021, Points-Essais, 2022)

- Le crépuscule de la critique, Seuil, collection « Libelle », 2022

Source : https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/annuaire/revaultd-allonnes-myriam/

L’emprise des émotions, dit-on, emporte tout sur son passage, y compris les conditions du débat public. Mais leur absence est-elle la condition d’une raison publique qui ne saurait s’exercer que dans le silence des passions ?
C’est dans le champ de la philosophie politique et en mettant la pensée à l’épreuve de l’événement que Myriam Revault d’Allonnes défait le grand partage du sensible et de l’intelligible, de la raison et des passions. En montrant comment s’entrelacent la rationalité politique, les sensibilités collectives et les conditions de l’agir humain, elle revisite des traditions de pensée qui, attentives au caractère incontournable des affects, ont interrogé la dynamique qui soutient l'élaboration du lien social.
Ce chemin nous aide à mieux comprendre les nouvelles mobilisations où le vécu, le sentiment d’injustice, le souci de l’égale dignité jouent un rôle majeur. Comment leur émergence s’accorde-t-elle avec la capacité d’agir de l’homme raisonnable ? Parce que la raison publique s’enracine dans les dispositions sensibles qui font l’humanité de l’homme, son exercice nous incite à résister aux fureurs antipolitiques qui menacent notre existence démocratique.

Source : https://www.seuil.com/ouvrage/passions-publiques-myriam-revault-d-allonnes/9782021563177

Démocratie. Le mot court sur toutes les bouches, se jette au visage de l’adversaire à l’occasion des débats les plus insignifiants. L’exigence démocratique s’est enlisée et perdue dans les jeux politiciens, l’indifférence des paresses citoyennes, l’hostilité de ceux qui souhaitent sa disparition. Si le mot est vidé de son sens, la chose peut-elle encore survivre ?
Les deux philosophes Chantal Delsol et Myriam Revault d’Allonnes, tout en affirmant leurs profondes divergences sur ce thème d’actualité qui divise notre société, parviennent à dialoguer avec clarté et respect, selon les principes de notre collection « Disputatio ».

Source : https://www.mialetbarrault.fr/chantal-delsol-et-myriam-revault-dallonnes-ainsi-meurt-la-democratie/

Si le XVIIIe siècle a été pour Kant « le siècle de la critique à laquelle il faut que tout se soumette », le temps où nous vivons signe le triomphe de la confusion à laquelle rien n’échappe. Mais la critique ne se limite pas à un exercice intellectuel et mental, la marque de ce qu’on appelle l’« esprit critique ». Elle est une attitude et même un geste, une manière de dire, de penser et d’agir et surtout une exigence politique. C’est l’une des conditions du vivre-en-commun et sa force aujourd’hui nous manque.

Source : https://www.seuil.com/ouvrage/le-crepuscule-de-la-critique-myriam-revault-d-allonnes/9782021518641

Emmanuel Macron avait invité les chômeurs à « traverser la rue » pour trouver un travail. Comme si l’individu était un acteur rationnel, calculateur, seul responsable de ses actes et de leurs conséquences. Or, cet individu n’existe pas, personne n’est le coach de soi-même, et la nation n’est pas une « start up », sinon dans un certain discours managérial et comptable qui est au coeur de la rationalité politique d’Emmanuel Macron et qui induit au mirage d’un « nouveau monde ».

Car le sujet-citoyen n’est pas l’individu performant. Il n’est pas un bloc d’intérêts et de concurrence mais celui qui, sachant ce qui le relie aux autres, oeuvre au sein d’institutions justes à rendre possible telle ou telle option. L’autonomie, la responsabilité ou la capacité n’ont de sens que comprises comme porteuses d’une tension entre l’indépendance des individus et leur intégration dans la communauté. Il existe un endettement réciproque entre l’homme et le social. C’est pourquoi, loin d’être anodins, ces propos sur les chômeurs ou le « pognon de dingue » engendrent des lectures simplifiantes et univoques du lien social.

Devant un tel dévoiement, Myriam Revault d’Allonnes reprend à nouveaux frais ces notions fondamentales pour en montrer la profondeur, les paradoxes et la puissance ; une leçon de clarté et de rigueur, alors que, plus que jamais, dans la crise que nous vivons, le besoin d’un monde commun s’impose.


Myriam Revault d’Allonnes est philosophe, professeure émérite des universités à l’École pratique des hautes études et chercheuse associée au cevipof. Elle a publié de nombreux essais au Seuil, et notamment L’Homme compassionnel (2008), Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie (2010) et La Faiblesse du vrai (2018).

Source : https://www.seuil.com/ouvrage/l-esprit-du-macronisme-myriam-revault-d-allonnes/9782021465075

Archives

À propos

Dominique RECH