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07 Apr

Historienne : Christel MÜLLER

Publié par Dominique Rech  - Catégories :  #Historienne, #Histoire antique, #Grèce antique, #Bibliothèque historique

MÜLLER Christel

Professeure d’histoire grecque (Paris Nanterre)

Membre senior de l’IUF

Titres et diplômes

  • Ancienne élève de l’École Normale Supérieure (Ulm 1987-1991)
  • Agrégée des Lettres (1989)
  • Ancien membre de l’École Française d’Athènes (1992-1997)
  • Docteur en histoire ancienne (Université Lyon II, 1996)
  • Habilitée à Diriger des Recherches (Paris, EPHE 2008)

Parcours professionnel

  • Depuis 2020 : Membre senior de l’Institut Universitaire de France
  • Depuis 2012 : Professeure d’Histoire grecque, Université Paris Nanterre (ex Paris 10)
  • 2009-2012 : Professeure d’Histoire grecque, Université de Reims-Champagne Ardennes
  • 1997-2009 : Maître de Conférences d’histoire grecque, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • 1999-2002 : Directrice du Collège Universitaire français de Moscou (Ministère français des Affaires Étrangères)

Direction d’équipes de recherches, projets internationaux

  • Depuis 2015 : Directrice de l’équipe ESPRI au sein de l’UMR 7041 ArScAn
  • Élue en mars 2015 comme member of the core-group du European Network for the Study of Ancient Greek History (http://ensagh.wp.hum.uu.nl/)
  • 2010- 2012 : Directrice de l’EA 2616 CERHIC (Reims)

Responsabilités administratives actuelles

  • Depuis 2015 : Directrice de l’ED 395 « Milieux, Cultures et Sociétés du Passé et du Présent »
  • Depuis 2015 : membre titulaire élu du CNU (Conseil National des Universités) 21e section
  • Depuis 2014 : membre élu du Conseil de l’UFR Sciences Sociales et Administration de Paris Ouest
  • Depuis 2013 : responsable de la section d’histoire ancienne du département d’histoire de Paris Ouest

TRAVAUX ET PUBLICATIONS

- mise à jour décembre 2023

NB : liste établie selon les principes de la nomenclature HCERES

Monographies :

1. Ch. Müller, D’Olbia à Tanaïs. Territoires et réseaux d’échanges dans la mer Noire septentrionale aux époques classique et hellénistique, Bordeaux, Ed. Ausonius, 2010, 453 p. (CR : AntClass 83 [2014], p. 527-530 ; Annales HSS oct-déc 2012, p. 1098-1100 ; ClassRev 62 [2012], p. 219-221 ; RA 52 [2011], p. 397-399 ; REG 124 [2011], p. 442-443). Malgré les ouvrages pionniers d’E. Minns et M. I. Rostovcev, les rivages de la mer Noire septentrionale, d’Olbia à Chersonèse et du Bosphore cimmérien à Tanaïs, n’ont longtemps évoqué, chez les historiens occidentaux, que l’image d’un monde barbare, dont on pouvait retenir à la rigueur les exportations de blé en direction d’Athènes et les merveilles de joaillerie. Depuis une vingtaine d’années, cependant, la rencontre avec l’historiographie soviétique et le dévoilement progressif de riches sources documentaires ont permis l’abandon de ces poncifs au profit d’une véritable réflexion, dont le présent ouvrage se voudrait un aboutissement au moins partiel. Son objectif est de montrer que le Pont Nord, si éloigné soit-il d’un centre égéen supposé, forme un monde non point replié sur lui-même aux confins de l’hellenikon, mais ouvert et dynamique. Si l’époque de la « colonisation » (VIIe-Ve s. a.C.) est assez bien connue, il n’en va pas de même des périodes postérieures : l’étude commence donc dans le dernier tiers du Ve s. et met en évidence une temporalité propre à la région pendant plus de trois siècles, pour s’achever avec la mort de Mithridate à Panticapée en 63 a.C. L’analyse des territoires en constitue l’épine dorsale, car ce thème permet de ne pas se laisser enfermer dans le modèle de la cité et de montrer, en même temps que le développement progressif de ces États phagocytes d’espace, les représentations et les perceptions que celui-ci engendre. On y considère les moments-clés de leur expansion et les efforts éventuels de rationalisation dans leur aménagement, sans craindre le recours à la quantification. On s’intéresse, enfin, en articulant différentes échelles, aux réseaux d’échanges établis par ces États et les hommes qui les habitent avec leurs hinterlands, mais aussi le reste du monde pontique et, au-delà les mondes thrace et méditerranéen : les liens ainsi tissés sont si subtils en termes humains et géographiques qu’ils permettent, on l’espère, de dépasser le modèle classique « centre-périphérie » et de désenclaver intellectuellement le Pont Nord.

2. Archéologie historique de la Grèce antique, R. Etienne, Ch. Müller et Fr. Prost, Paris, Ellipses, 2014, 3e éd., 400 p. (CR : Topoi 10 [2000], p. 423-425). Le titre de ce volume rend compte de l’originalité du projet : il poserait moins de problème d’interprétation en anglais où le concept d’"archeological history" est utilisé dans le vocabulaire scientifique depuis un certain nombre d’années. En France, le découpage universitaire continue à entretenir un débat, devenu stérile, sur les rapports entre archéologie et histoire, entre les spécialistes des realia et ceux des textes, comme si la spécificité même de nos études sur l’Antiquité ne résidait pas dans un perpétuel va et vient des uns aux autres. Aussi sommes-nous conduits ici à analyser de nombreux textes, littéraires et épigraphiques, sans nous demander si nous franchissons des barrières qui nous mèneraient en dehors de notre domaine, avec le souci d’utiliser l’ensemble des sources documentaires, permettant de rendre compte des aspects les plus originaux des productions matérielles de la société grecque et de leur évolution dans le temps. D’un point de vue chronologique, près de vingt siècles sont pris en considération, de la civilisation des palais crétois et mycénien aux transformations de la Grèce sous l’Empire romain, disons du XVIe s. av. J.-C. au IIIe s. ap. J.-C. Il est inutile de donner des dates plus précises car cette présentation, qui se veut historique, n’est cependant pas un exposé chronologique. Nous avons découpé le temps entre quatre moments qui correspondent à quatre phases originales de la civilisation grecque et de son devenir, quatre "idéaltypes" comme aurait dit Max Weber : le système palatial, l’émergence et le développement de la Cité grecque, l’organisation des royaumes grecs issus de la conquête d’Alexandre, le nouvel ordre et les transformations apportées par Rome à partir du IIe s. av. J.- C. À l’intérieur de ce cadre, nous tentons de rendre compte des aspects originaux de la "civilisation matérielle" et des rapports entre l’homme et son milieu : organisation de l’espace ou plutôt des espaces (publics, sacrés, privés), conditions de production et signification des objets fabriqués (artefacts), circulation des produits et transferts de modèles. Notre conception du sujet nous a amenés à faire des choix et à privilégier les nouveautés au détriment des permanences, les questions de méthode au détriment de l’exhaustivité. Nous avons aussi délibérément choisi de varier les approches en passant de la synthèse, sur les territoires par exemple, à l’analyse monographique pour Athènes ou pour Délos. Cet ouvrage est issu d’un travail d’équipe où chacun a relu et critiqué ce que les autres avaient écrit et a fait partager son savoir et ses compétences. La convergence de vues qui s’en dégage repose sur une formation commune d’historien-archéologue de terrain, nourri des textes et entraîné à la publication des différents matériaux.

Direction d’ouvrages :

3. Identités et cultures dans le monde méditerranéen antique. Études réunies en l’honneur de Francis Croissant, éd. par Ch. Müller et Fr. Prost, Paris, Ed. Publications de la Sorbonne, 2002, 400 p. Depuis les travaux de M. Foucault et de J.-P. Vernant, on sait dans quel contexte et sur quels fondements l’Antiquité a inventé le concept d’identité personnelle. Pour essentielle et intime qu’elle nous paraisse, cette identité a un cadre géographique –l’espace méditerranéen- et une histoire, c’est-à-dire un acte de naissance : elle n’a fini par devenir constitutive de l’identité individuelle que tardivement, après le IIe siècle de notre ère. Or, avant cette date, les historiens et les archéologues des mondes grec comme romain ont plutôt l’habitude de rencontrer des phénomènes culturels où l’identité communautaires règne sans partage et semble motiver en profondeur les actes les plus simples comme les plus complexes des sociétés de l’Antiquité. Aucune enquête systématique n’a été menée jusqu’ici sur ces phénomènes, sinon par certains archéologues portés à supposer, derrière les choix effectués par les artisans de telle ou telle cité, derrière la transmission ou l’adaptation de tel ou tel modèle, la volonté d’une affirmation identitaire de leur communauté d’origine. La culture matérielle, mais aussi mythique ou littéraire, devient un enjeu entre divers groupes qui, pour se différencier, élaborent un langage propre, caractéristique de ce qu’ils considèrent comme leur identité primordiale. Des historiens et des archéologues, spécialistes de divers horizons méditerranéens et de différentes périodes, se sont proposés de scruter, en l’honneur de leur collègue, maître et ami Francis Croissant, quelques pistes de réflexion sur ce thème. L’identité communautaire et ses multiples manifestations constituent un champ historique important, à la définition duquel le présent ouvrage souhaiterait participer.

4. Les Italiens dans le monde grec. IIe siècle av. J.-C.-I er siècle ap. J.-C. Actes de la Table ronde des 14-16 mai 1998 (Paris, EFA/ENS), BCH Supplément 41, éd. par Ch. Müller et Cl. Hasenohr, Paris, 2002, 294 p. (CR : REG 117 [2004], p. 799-800 ; AC 74 [2005], p. 554-556). L’occasion de la rencontre dont le présent volume publie les actes était la révision de la prosopographie des Italiens résidant à Délos, procurée il y a près d’un siècle par J. Hatzfeld. Les progrès continus dans l’édition, l’étude et la datation des inscriptions de l’île, les découvertes nouvelles venues enrichir le corpus alors disponible (les sceaux, les épitaphes de la nécropole de Rhénée) rendaient cette révision indispensable. Les premiers résultats en sont présentés en annexe. Il s’agit d’une liste des Italiens de Délos enregistrant 539 individus porteurs de noms romains complets, pour 186 gentilices, 243 porteurs de noms incomplets, sans parler de 91 Italiens enregistrés dans l’index de J. Tréheux. Les actes de la rencontre elle-même rassemblent treize communications visant à approfondir l’étude des premiers temps de la présence romaine en Orient, et pas seulement à Délos. Une présentation de R. Étienne pose les problèmes d’ensemble: sociologie des Italiens de Délos, leurs rapports avec leur patrie, le rôle exact du port franc de Délos et des marchands romains en Orient, leurs modalités d’insertion dans le monde des cités. Les communications s’ordonnent autour d’un petit nombre de thèmes. D’abord, les gentilices et leur utilisation : problèmes de méthode, examinés par CI. Hasenohr et Chr. Müller avec l’exemple de Délos et de la Béotie, rapports des élites du Latium et de la Campanie avec l’Orient romain, cas des Seii (É. Deniaux). Ensuite, les modes d’insertion et de fonctionnement des communautés italiennes à Délos et dans plusieurs régions du monde grec (dont la Béotie), ainsi que la complexité des liens progressivement tissés entre les milieux des colons, des vétérans, des negotiatores et les élites locales.

5. Citoyenneté et participation à la basse époque hellénistique. Actes de la Table ronde des 21-22 mai 2004 (Paris, Centre Glotz), Genève, Droz, éd. par P. Fröhlich et Ch. Müller, Genève, 2005. 310 p. (CR : AC 76 [2007], p. 514-516 ; BMCRev 10 [2006] ; HZ 287 [2008], p. 714-715 ; Latomus 68 [2009], p. 817-819 ; MH 65 [2008], p. 246-247 ; Mnemosyne 61 [2008], p. 516-519 ; Phoenix 61 [2007], p. 359-361 ; REA 109 [2007], p. 383-385 ; REG 119 [2006], p. 628-654 ; REG 120 [2007], p. 323-325 ; RPh 80 [2006], p. 160-162 ; Sehepunkte 5 [2007] ; Topoi 15 [2007], p. 627-634). Si aujourd’hui la polis n’est plus morte à Chéronée, la période qui s’ouvre avec le IIe s. av. J.-C. n’en reste pas moins largement terra incognita, y compris pour l’étude des institutions des cités grecques. Cette période, qui doit à Louis Robert, son nom de « basse époque hellénistique », est marquée dans la documentation épigraphique par une rhétorique particulière et l’octroi d’honneurs exceptionnels à quelques grands évergètes, qui ont souvent fait conclure à la dépolitisation de la vie civique. Pourtant, l’analyse systématique des inscriptions, région par région, permet de poser quelques questions essentielles : quelle périodisation proposer pour ces deux ou trois siècles d’histoire, où les charnières chronologiques semblent varier fortement (Pydna, Corinthe, Mithridate…) ? Les citoyens sont-ils encore acteurs ou deviennent-ils les simples spectateurs d’une vie civique confisquée par une poignée de notables monopolisant les magistratures et les places au Conseil ? Enfin, peut-on mesurer les conséquences de la conquête romaine sur les institutions ? Tels sont les axes de réflexion d’une table-ronde qui a réuni autour de Philippe Gauthier un groupe de chercheurs, dont l’objectif était d’abord d’ouvrir des perspectives.

6. Identité ethnique et culture matérielle dans le monde grec. Actes de la Table ronde des 10-11 décembre 2010 (Paris, INHA), Dialogues d’Histoire Ancienne, Supplément 10, Besançon, 2014, éd. par Ch. Müller et A.-E. Veïsse. 316 p. La place laissée à la réflexion sur les rapports entre ethnicité et archéologie n’a pas été considérable jusqu’à présent, malgré la multiplication des cas d’étude faisant appel à la culture matérielle. On dira que c’est là ignorer un ouvrage entièrement consacré en 1997 à la question : celui de S. Jones, The Archaeology of Ethnicity. Pourtant, le livre de Jones est resté pour ainsi dire à l’écart de la bibliographie pratiquée par les archéologues confrontés à la question de l’identification des groupes ethniques : la raison en est sans doute que l’auteur s’est attachée là essentiellement à une mise en perspective historiographique et une synthèse théorique difficiles à mettre en œuvre dans les cas concrets. Un problème semble donc rester entier : celui des relations à établir (ou non) entre les cultures matérielles, si elles existent, et les frontières ethniques pour reprendre le terme de Fr. Barth. Le dilemme, resté à la fois implicite et en suspens après le colloque de 2006 sur les Identités ethniques (paru en 2007), auquel de nombreux archéologues avaient participé, peut être posé comme suit : est-il légitime d’affirmer, avec M. Bats (en conclusion dudit colloque) que, à défaut de source écrite, « le plus souvent, il est nécessaire d’avoir recours à des traits culturels observés à travers l’archéologie et retenus comme critères ou indices d’identification » ou, à l’inverse, avec J.M. Hall, que le sentiment de l’appartenance ethnique « cannot, in the absence of confirmatory literary evidence, be assumed from the mere detection of cultural signalling in the archaeological record » (Hellenicity, p. 24), contrairement en somme à la position même de Jones qui n’exclut pas l’idée d’une détectabilité de l’identité ethnique à travers l’archéologie, grâce, entre autres, à la notion de « style », plusieurs fois mise en avant. Faut-il, finalement, considérer que la problématique de l’ethnicité rencontre là, avec l’archéologie, une pierre d’achoppement définitive, qui marquerait pour ainsi dire la limite d’une réflexion sur le sujet ?

7. Transitions historiques. Actes du colloque des 10-12 juin 2015 (Nanterre, MAE), Colloques de la MAE René Ginouvès n°12, Paris, 2016, éd. par Ch. Müller et M. Heintz. 268 p. La dissection des « régimes d’historicité » par Fr. Hartog en 2003 a amené celui-ci à considérer que le régime actuel relevait du « présentisme », au sein duquel « le présent tend à devenir à lui-même son propre et son seul horizon ». Ce constat semble condamner la notion même de transition historique, si attachée à une réflexion sur l’ordonnancement du temps social et psychologique. Pourtant, l’omniprésence du présent n’a pas éliminé la « transition », terme très usité aujourd’hui pour qualifier le rapport au temps. Celle-ci se définit d’abord comme un entre-deux qui permet de penser continuités et discontinuités d’une période à l’autre. Tant qu’elle n’a pas acquis une identité propre, elle apparaît aussi comme une tranche de temps sur laquelle pèse une suspicion d’inintelligibilité, voire comme un moment de crise. Mais le temps analysé dans ce volume est aussi subjectif. La question se pose alors de savoir si les acteurs d’une transition « objectivée » la perçoivent comme telle et comment ils manipulent à son propos les notions connexes d’héritage et de génération. Il y a en germe, dans l’usage quotidien de la transition, l’idée d’un dépassement possible du présent perpétuel. Ne revient-il pas aux historiens, anthropologues et archéologues de redonner du sens à l’articulation du passé, du présent et du futur, en suggérant par la réinterprétation de cette notion l’éventualité d’un possible du présent, comme il y a des « possibles du passé » selon l’expression de R. Koselleck ?

8. Statuts personnels et espaces sociaux : questions grecques et romaines, recueil d’articles éd. par Cl. Moatti et Ch. Müller, 2018, coll. Travaux n°25 (MAE René Ginouvès), Paris, De Boccard. 304 p. Depuis quelques années, on assiste, dans le domaine de l’histoire sociale, au renouveau d’une réflexion sur les formes de catégorisation dans l’antiquité. A la différence d’autres projets, toutefois, nous ne proposons pas ici une pure description des différents statuts ou sous-statuts légaux et sociaux, ni même une enquête consacrée à l’origine des statuts, des ordres et des classes. Nous nous donnons pour objectif de comprendre quels statuts personnels étaient opératoires dans les différents types d’espaces. Utiliser comme point de départ le cadre spatial permet en effet de rendre visibles des clivages ou agrégats sociaux, parfois éphémères et instables mais toujours signifiants. Cet ouvrage collectif, fruit d’un séminaire associant hellénistes et romanistes, s’ouvre sur une réflexion historiographique comparée qui présente des recherches en cours concernant les processus de formalisation des sociétés dans les mondes grec et romain. Les articles de la deuxième partie analysent la pertinence des statuts dans des espaces précis (nécropole, théâtre, gymnase, banquet), où groupes et associations se font et se défont, parfois indépendamment du statut légal ou social des personnes. La dernière partie est consacrée à la dimension spatiale des pertes et changements de statut, question qui permet de déplacer le regard sur les procédures et leurs effets concrets : avec quelle précision s’opèrent le déclassement ou l’exclusion des individus ? Quels espaces leur sont interdits, et avec quel contrôle ? Enfin, quelle est l’influence de la mobilité, c’est-à-dire du changement spatial, sur les identités ?

9. Philorhômaios kai philhellèn. Hommages à Jean-Louis Ferrary, recueil d’articles éd. par Anna Heller, Ch. Müller et Arnaud Suspène, , Hautes Études du monde gréco-romain 56, 2019, 607 p. Membre de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres depuis 2005, titulaire de la direction d’étude « Histoire des institutions et des idées politiques du monde romain » de l’École Pratique des Hautes Études (section des Sciences Historiques et Philologiques) de 1989 à 2015, Jean-Louis Ferrary s’est illustré dans de très nombreux domaines des Humanités classiques. En s’inspirant de ses recherches sur les rapports entre Rome et le monde grec, sur la législation et les institutions de Rome, sur les écoles philosophiques et la littérature latine, ou encore sur la place de l’héritage classique dans la tradition humaniste, ses collègues, ses amis et ses élèves ont souhaité lui témoigner leur admiration et leur amitié. Ce volume d’hommages, destiné à honorer un savant à la fois philorhômaios et philhellèn, réunit 32 contributions consacrées à ses thèmes de prédilection, réparties en quatre sections : « Droit et pouvoir à Rome » ; « L’Orient et le monde des cités » ; « Imperium Romanum » ; « Sources latines ». Il fait dialoguer de nombreuses disciplines des études classiques, histoire, langues anciennes, épigraphie grecque et latine, droit romain et numismatique.

10. La Béotie de l’archaïsme à l’époque romaine : frontières, territoires, paysages. Actes du colloque tenu à Nanterre les 9 et 10 décembre 2016, coll. Travaux n°26 (MAE René Ginouvès), De Boccard, Paris, 2019. Éd. par Ch. Müller avec Th. Lucas et A.-Ch. Oddon-Panissié. 310 p. Depuis quelques dizaines d’années, la Béotie antique est l’objet d’une activité scientifique importante. L’épigraphie, en particulier, s’est trouvée au centre des préoccupations des chercheurs, comme en témoigne l’ouvrage édité en 2014 par Nikolaos Papazarkadas, à l’issue d’un colloque tenu à Berkeley (The epigraphy and history of Boeotia. New finds, new prospects, Leyde-Boston, Brill). En parallèle, les recherches archéologiques menées depuis de nombreuses années sous la forme de surveys, tel le Boeotia Project dirigé depuis 1979 par Anthony Snodgrass et John Bintliff, ont abouti à plusieurs publications, grâce auxquelles on dispose désormais d’une vue d’ensemble précise du territoire béotien et de son occupation. Outre ces travaux, dont certains sont en cours, il faut souligner les contributions apportées par des courants historiographiques plus récents. La constitution d’une identité collective au sein du koinon a ainsi donné lieu, dans le cadre des recherches sur l’ethnicité, à des publications novatrices portant avant tout sur l’époque archaïque. Plus largement, le phénomène fédéral a suscité de nombreux travaux parmi lesquels ceux de Denis Knoepfler occupent une place essentielle. Conçu comme un point de convergence de ces recherches et rassemblant différents historiens parmi les meilleurs spécialistes actuels de la Béotie antique, le présent colloque adopte une approche méthodologique susceptible de favoriser le croisement entre les sources disponibles, qu’elles soient textuelles ou matérielles. Au centre de cette approche se trouvent les notions, résolument spatiales, de territoires, de frontières et de paysages, dont l’articulation devrait permettre d’appréhender l’espace béotien en tant qu’il est l’objet d’une appropriation littéraire, politique, religieuse ou économique, et ce en combinant plusieurs échelles, des cités au koinon dans son ensemble. Aux deux premiers termes, « territoires » et « frontières », qui renvoient à une historiographie désormais classique, il a paru important d’adjoindre la notion de « paysage », traduction française du concept anglo-saxon de landscape. Au-delà de l’acception purement géographique du terme, en effet, celui-ci connaît actuellement une grande variété d’usages et d’applications. On peut ainsi garder en mémoire les différents sens qu’en propose Susan Alcock pour la Grèce romaine, entre paysages ruraux, civiques, provinciaux et sacrés. En allant plus loin encore, on évoque aujourd’hui la notion de « paysage sonore », ou bien, comme le fait John Ma, celle de statuescape, qui sert à désigner le paysage statuaire d’une cité ou d’un sanctuaire. C’est toute la richesse et la complexité de ce concept que nous souhaitons explorer, afin de renouveler, en retour, l’approche spatiale des territoires béotiens.

11. De Mithridate VI à Arrien de Nicomédie : changements et continuités dans le bassin de la mer Noire entre le Ier s. a.C. et le Ier s. p.C. Actes du colloque de Paris Nanterre, 2 et 3 mars 2018, coll. Scripta Antiqua, Ausonius Éditions, Bordeaux, 2022. Éd. par Th. Castelli et Ch. Müller. 278 p. La mer Noire, colonisée par les Grecs depuis le viie siècle, a connu une floraison de cités qui ont conservé leur indépendance sauf dans le Royaume du Bosphore. Mithridate VI, le premier, a constitué la quasi-unité de cet espace en contrôlant brièvement l’ensemble du littoral pontique vers 100 a.C. Moins de deux siècles plus tard, l’intégralité ou presque de ce littoral est soumis à Rome, comme le rappelle le Périple du Pont-Euxin d’Arrien. Ces deux siècles (100 a.C.-100 p.C.) sont à la charnière des histoires grecque et romaine, l’une voyant dans cette période la fin de l’époque hellénistique dans sa version régionale, l’autre y cherchant les prémices du contrôle romain sur la mer Noire. L’état actuel de l’historiographie témoigne de cette difficulté à penser ensemble ces deux siècles. Après les publications pionnières, comme l’ouvrage de Fr. de Callataÿ sur L’histoire des guerres mithridatiques vue par les monnaies (1997), ce sont souvent des découpages plus larges qui sont récemment mis en avant dans des études centrées sur les populations de l’intérieur (Boțan 2015, Novichenkova 2015). La fin du ier s. a.C. est parfois également étudiée comme prologue à la période impériale (Lund-Sørensen 2016). Seule la thèse récente du numismate E. Paunov (2013), intitulée From Koine to Romanitas, a pour cadre ces deux siècles. Plusieurs événements marquants manifestent en effet une rupture : l’attaque de Burebista vers 48 a.C. sur l’Ouest et le Nord-Ouest, le règne d’Aspourgos dans le Bosphore à partir de 8 a.C., l’annexion des villes grecques du Pont Gauche aux environs de notre ère, la création de la province de Mésie en 15 p.C., la fin du royaume thrace en 46 p.C., l’annexion par les Romains du Pont Polémoniaque en 64 p.C. Mais les continuités existent également dans les différents domaines, politique, économique, social, culturel. Cette question des ruptures et continuités constitue donc le fil rouge du volume, assortie d’une réflexion sur les spécificités pontiques dans la périodisation.

Extraits de la source : https://arscan.parisnanterre.fr/membre/christel-muller/

La politeia est-elle seulement une Constitution, ou aussi une manière de penser la citoyenneté ? À travers l’histoire grecque, Christel Müller éclaire une notion au cœur de la vie politique antique. La politeia est bien plus qu’un simple mot de la philosophie politique grecque : elle renvoie à la fois à la Constitution d’une cité et à la manière dont les citoyens participent à la vie commune. À travers cette notion, c’est toute la question du pouvoir, de l’appartenance civique et du bien commun qui se trouve posée. Cette émission propose d’explorer la politeia comme forme de vie politique, entre institutions, citoyenneté et modèle de gouvernement. En revenant à la Grèce antique, elle invite à réfléchir à ce que signifie, encore, aujourd’hui, habiter une cité et prendre part à son destin collectif. L'invitée : Christel Müller est professeure d’histoire grecque à l’université Paris Nanterre et membre senior de l’Institut universitaire de France. Spécialiste de la Grèce antique, elle travaille sur la citoyenneté, les statuts personnels et l’histoire politique et sociale des cités grecques. Elle vient de publier chez Passés composés La Fabrique du citoyen. Les Grecs et la politeia d'Aristote à Auguste (393 p., 25 €).

Source : https://www.youtube.com/watch?v=g_3tfUi9wXM

 

Synopsis de la maison d’édition

À l’orée de l’époque hellénistique, vers 300 av. J.-C., le jeune athlète Athènodôros est vainqueur à la boxe durant les concours panhelléniques. Il remporte la couronne pour sa cité d’origine en se faisant proclamer comme Éphésien. Il y a pourtant un hic : le garçon n’est pas citoyen d’Éphèse ! Il y est étranger résident dans la catégorie des isotèles, ceux qui paient les mêmes impôts que les citoyens. À son retour, la cité s’empresse de régulariser sa situation en lui accordant la citoyenneté.

Tous les Grecs n’ont pas l’audace d’un Athènodôros, mais tous ont une expérience de cette politeia, la citoyenneté, qui passe autant par des pratiques que par des lois. Ces pratiques sont au cœur de la présente enquête, et même plus précisément celles qui permettent la « fabrique du citoyen ». Par cette expression, l’auteur entend que le statut de citoyen, dans les cités grecques, n’a pas l’évidence qu’on pourrait lui supposer, mais qu’il s’agit, pour les individus, d’une construction qui prend du temps et demeure fragile. Car la naissance est loin de tout résoudre, surtout dans des sociétés qui ne connaissent pas l’État-civil. D’Aristote à Auguste, la politeia est donc quelque chose qui se travaille tout au long de la vie.

Source : https://arscan.parisnanterre.fr/parution-la-fabrique-du-citoyen-les-grecs-et-la-politeia-daristote-a-auguste-par-christel-muller/

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