Historien : François Georgeon
/image%2F4577849%2F20260504%2Fob_4372ce_7337419-11292366.jpg)
Chercheur associé
Directeur de recherche émérite
Institution de rattachement principal : Directeur de recherche émérite au CNRS, François Georgeon est diplômé de l'école des Langues Orientales et agrégé d'histoire. Assistant en histoire contemporaine à l'Université de Tunis, puis pensionnaire à l'Institut Français d'études Anatoliennes d’Istanbul, il est entré au CNRS en 1979. Il a été chargé de cours à l’INALCO et a animé pendant de longues années un séminiare à l’EHESS. Il a dirigé l’Equipe d’études turques et ottomanes (UMR8032, CNRS/EHESS/Collège de France) de 2000 à sa retraite en 2008. Il est spécialiste de l’histoire ottomane et turque et l’époque contemporaine (XIXe-XXe siècles)
Principales publications
Aux origines du nationalisme turc : Yusuf Akçura (1876-1935), Paris, 1980, éd. ADPF, coll. Recherche sur les grandes civilisations, 154p.
Des Ottomans aux Turcs, naissance d'une nation, Istanbul, éditions Isis, 1995, 488p. (Collection Analecta Isisiana, XVI)
Abdülhamid II, le sultan calife (1876-1909), Paris, Fayard, 2003, 528p. (coll. Les grandes biographies) ; nouv. éd. Abdülhamid II 1876-1909. Le crépuscule de l’Empire ottoman, Paris, 2017, CNRS Editions (Collection « Biblis »), 696p.
Sous le signe des réformes. État et société dans l’empire ottoman et dans la Turquie kémaliste (1789-1939), Istanbul, Editions Isis, 2009, 429p. (Collection Analecta Isisiana, vol CVI)
Sultan Abdülhamid[le sultan Abdülhamid], 2ème éd., Istanbul, 2012, İletişim yay., 648p. (trad. Ali Berktay).
Le mois le plus long. Ramadan à Istanbul de l’Empire ottoman à la Turquie contemporaine, Paris, 2017, CNRS Editions, 352p.
Au pays du raki. Le vin et l’alcool de l’Empire ottoman à a Turquie d’Erdogan, Paris, CNRS Editions, 2021, 354p.
Douze essais sur l’histoire de l’Empire ottoman aux XIXe-XXe siècles, Istanbul, Isis, 2022, 228p. (Collection Analecta Isisiana)
Vivre dans l’Empire ottoman, sociabilités et relations intercommunautaires (XVIIIe-XXe siècles), Paris, L’Harmattan, 1997, 350p. (dir. ouvrage collectif en collab. avec P. Dumont)
Cafés d’Orient revisités, Paris, CNRS Éditions, 1997, 228p., préface de Robert Mantran (ouvrage collectif dirigé en collaboration avec Hélène Desmet)
Ramadan et politique, Paris, CNRS Editions, 153p., 2000, (ouvrage collectif dirigé en collaboration avec Fariba Adelkhah)
Abdürrechid Ibrahim : Un Tatar au Japon. Voyage en Asie (1908-1910), traduit du turc ottoman, présenté et annoté, Paris, Sindbad-Actes Sud (« Bibliothèque ottomane »), 2004, 269p. (en collaboration avec Işık Tamdoğan-Abel)
Enfance et jeunesse dans le monde musulman, Paris, Maisonneuve & Larose, 2007, 294p. (ouvrage collectif en collab. avec Klaus Kreiser)
Les Ottomans et le temps, Leiden-Boston, E.J. Brill éd., 2012 (dir. en collaboration avec Frédéric Hitzel), xii + 388p. (Coll. « The Ottoman Empire and its Heritage », vol. 49)
”L’ivresse de la liberté”. La révolution de 1908 dans l’Empire ottoman, (dir.), Louvain, Peeters éd., 2012, xxxii + 608p. (Collection Turcica, vol. XVII)
Dictionnaire de l’Empire ottoman, Paris, Fayard, 2015 (dir. en collaboration avec Nicolas Vatin et Gilles Veinstein), xxx + 1 332p. Nouv. éd., 2vols, CNRS Editions, 2022, 2 358p.
The Young Turk Revolution and the Ottoman Empire. The Aftermath of 1908, Noémi Lévy-Aksu et François Georgeon éds., Londres-New York, I.B. Tauris, 2017, xii + 324p.
Extraits de la source : https://cetobac.ehess.fr/membres/francois-georgeon-0
/image%2F4577849%2F20260504%2Fob_ee6b5e_8934-1764753855.jpg)
Été 1908. Après des décennies d’un régime autocratique, l’Empire ottoman connaît soudain une vague de liberté sans précédent. Des chrétiens, des juifs et des musulmans s’embrassent dans les rues aux cris de « vive la liberté ! ». De multiples mobilisations populaires voient le jour, impliquant des jeunes, des femmes ou des ouvriers.
La révolution jeune-turque est en marche. Elle est le résultat d’un coup de force organisé par des officiers de la IIIe armée de Macédoine qui, en menaçant de marcher sur Istanbul, ont contraint le sultan Abdülhamid II (1876-1909) à établir un régime parlementaire. Inspirée par les idées de patrie, de liberté, de justice et de progrès, l’action des Jeunes Turcs, patiemment préparée, déclenche une séquence d’événements déterminants pour l’avenir de la région, depuis les Balkans jusqu’au Moyen-Orient : à la fête révolutionnaire et aux élections à la Chambre des députés, succèdent, dès 1909, une tentative de contre-révolution à Istanbul, une explosion de violences contre la communauté arménienne d’Adana, l’envoi en exil du sultan, puis la relance d’une révolution de plus en plus teintée d’illibéralisme.
L’ouvrage de François Georgeon, synthèse de nombreuses années de recherches, livre la première étude en français sur cette révolution cruciale mais souvent oubliée. Il la replace dans le contexte historique global (guerre russo-japonaise de 1905, mouvements constitutionnalistes en Russie et en Iran, apogée de l’impérialisme européen, déchaînement des nationalismes) et en analyse les paradoxes : pourquoi cette révolution, qui avait suscité l’enthousiasme et levé tant d’espoirs a-t-elle débouché sur une série de drames : la dictature des Jeunes Turcs, le génocide des Arméniens, les défaites dans la Première Guerre mondiale et, pour finir, l’effondrement de l’Empire ottoman ?
Source : https://www.lesbelleslettres.com/livre/9782251458250/un-printemps-ottoman
Au début du XXe siècle, l’Empire ottoman est travaillé par des tensions profondes. Aux difficultés territoriales et aux ingérences des puissances européennes s’ajoutent les défaillances d’un pouvoir autocratique qui, sous Abdülhamid II, étouffe durablement la vie politique et sociale. C’est dans ce climat de crispation, mais aussi d’attente, que se forme le mouvement jeune-turc, autour d’un mot d’ordre central : le rétablissement de la Constitution de 1876. François Georgeon propose ainsi de revenir sur la matrice idéologique de la révolution jeune-turque, sur ses acteurs et sur le régime politique qui émerge de l’été 1908. Son analyse éclaire l’ivresse de liberté qui saisit alors l’Empire, l’enthousiasme partagé par ses différentes communautés, mais aussi la brièveté de cet état de grâce. Elle met en lumière les ambiguïtés d’une séquence révolutionnaire qui ouvre un horizon d’émancipation avant de se durcir rapidement. L’invité : François Georgeon est directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste de l’Empire ottoman et de la Turquie contemporaine. Il publie Un printemps ottoman. La révolution jeune-turque de 1908 aux Belles Lettres (306 p., 26,90 €).
Source : https://www.youtube.com/watch?v=WiWfcq9ZJMw
/image%2F4577849%2F20260504%2Fob_129ba7_9782271131201.jpg)
On croit souvent qu’en terre d’islam, l’alcool se serait heurté au mur infranchissable de l’interdit religieux. Comme si le Coran – qui prohibe le vin ici-bas, mais le promet dans l’au-delà –avait réglé la question une fois pour toutes.
Comment comprendre, alors, la promotion du raki, dont la production est attestée dès le XVIe siècle, au rang de « boisson nationale » dans la Turquie moderne ? Ou le goût parfois immodéré du sultan Mahmud II pour le champagne ?
En réalité, dans une longue durée rythmée par l’alternance de périodes de prohibition et de libéralisation, vins et autres boissons alcoolisées n’ont cessé d’être consommés dans l’immense espace multiconfessionnel de l’Empire ottoman. C’est cette histoire discrète, histoire des marges et de la transgression, mais aussi de véritables « cultures du boire », qui se trouve ici révélée.
Des tavernes interlopes d’Istanbul aux libations secrètes des élites en passant par les vignobles de Thrace ou d’Anatolie, des rituels soufis aux éclats de la poésie bachique, des indignations plus ou moins feintes des religieux aux hésitations du pouvoir – jusque dans la Turquie actuelle –, l’alcool devient le précipité d’une vaste histoire sociale, culturelle et politique.
Épilogue de Nicolas Elias et Jean-François Pérouse,
« Boire dans la Turquie d’Erdogan »
Source : https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/au-pays-du-raki/

Abdülhamid II (1876-1909) a-t-il été le dernier grand sultan, modernisateur de l'Empire ottoman, ou le despote sanguinaire dénoncé à l'époque comme le « sultan rouge » ? Né en 1842 au début des réformes des Tanzimat, monté sur le trône à trente-trois ans, il se retrouve à la tête d'un empire qui s'étend de l'Adriatique au golfe Persique et du Caucase à l'Afrique du Nord. Mais celui-ci est fragile, il est « l'homme malade de l'Europe ». Confronté dès son avènement à l'une des plus graves crises de l'histoire ottomane, le sultan ne peut éviter une lourde défaite face aux armées russes ni les graves amputations territoriales du traité de Berlin.
Souverain d'un empire désormais moins étendu et affaibli, Abdülhamid met tout en oeuvre pour le redresser. Reclus dans son palais de Yõldõz, il établit un régime autocratique, modernise la bureaucratie, la justice, l'armée et l'enseignement. Jouant de sa qualité de calife, il s'appuie sur les musulmans des provinces, s'efforce de freiner les aspirations nationales des Albanais, des Arabes et des Kurdes. Prenant acte du recul dans les Balkans, il consolide la présence de l'Etat en Anatolie et au Proche-Orient. Cette politique se heurte à l?émergence du nationalisme arménien, aux pressions accrues de l'Europe, aux activités terroristes en Macédoine et, pour finir, à l'opposition des Jeunes Turcs. La révolution de 1908 cantonne l'autocrate de Yõldõz dans le rôle de monarque constitutionnel, avant de le déposer quelques mois plus tard. Sultan déchu, il s'éteint en 1918, l'année de la disparition de l'Empire.
S?appuyant sur les recherches les plus récentes, François Georgeon éclaire la figure controversée d'un souverain qui voulait à tout prix sauver « l'homme malade » et rêvait de faire de son empire un Etat moderne et une grande puissance musulmane.
Source : https://www.fayard.fr/livre/abdulhamid-ii-9782213599298/