Historien : Fabien Lostec
Fabien LOSTEC
Maître de conférences à l’université de Caen Normandie
Axes de recherche : Epuration ; Histoire des femmes et du genre ; Seconde Guerre mondiale ; Justice ; Collaboration ; Crime
Fabien Lostec a soutenu une thèse sous la direction de Marc Bergère, Condamnées à mort. L’épuration des femmes collaboratrices, 1944-1951, publiée en 2024 aux éditions du CNRS. Ses recherches s’inscrivent au croisement de l’histoire des femmes et du genre, de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (épuration et collaboration) et de l’histoire de la justice et du crime. Il a notamment publié « Les jeunes collaboratrices et les jeune collaborateurs face à l’épuration : une justice à part ? », Le Mouvement Social, 278, 2022, « Une justice oubliée : le rôle des tribunaux militaires dans la répression des faits de collaboration en France », Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 72, 2023 et co-dirigé avec Nicolas Picard un numéro spécial de 20 & 21. Revue d’histoire sur « Les femmes à l’épreuve de la peine de mort au 20e siècle (France-Italie) », 160, 2023.
Source : https://sites-recherche.univ-rennes2.fr/tempora/author/flostec/
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Contrairement à une légende tenace, toutes les femmes collaboratrices n’ont pas été graciées par les tribunaux de l’épuration à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Elles sont 651 à être frappées par la peine capitale, dont 46 sont finalement exécutées. Jamais, depuis la Révolution française, autant de femmes n’avaient été condamnées et mises à mort en si peu de temps.
Qui sont ces condamnées à mort, de quelle façon ont-elles collaboré, comment vivent-elles leur épuration et par qui sont-elles jugées ? Fabien Lostec brosse le portrait individuel et collectif de ces femmes. Il nous montre qu’au-delà de l’image de la collaboratrice sentimentale, elles se sont résolument engagées au service de l’ennemi, ont commis des actions violentes et des tortures, ont provoqué des déportations et des assassinats.
La morale et le droit s’entremêlent lors de leurs procès, puisqu’elles sont accusées d’être de mauvaises épouses et/ou mères et, plus largement, de mauvaises femmes. L’auteur examine le temps du jugement jusqu’à la mort pour celles dont le recours en grâce est rejeté et n’oublie pas le temps de l’incarcération ni celui de la sortie de prison pour celles qui bénéficient d’une commutation de peine.
Une étude fine qui vient renouveler par le genre l’histoire de l’épuration et de la violence politique.
Prix Valérien 2024 dans la catégorie « Enquête »
Source : https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/condamnees-a-mort/